vendredi 23 janvier 2015

27/10 – 05/ 11 : Puerto Bermudez Pérou

En 2 heures d'avion nous changeons complètement d'ambiance, Nous abandonnons la jungle et sa chaleur humide pour la capitale et sa grisaille. Il pleut rarement à Lima, la cordillère à l'est empêchant les nuages de parvenir jusqu'à ses terres et la mer trop froide à l'ouest ne permet pas la création de pluie.
Nous voilà donc dans une grande ville où nous trouvons un logement sympathique avec un personnel qui fait tout pour que nous nous sentions comme à la maison.
Nous passerons ces quelques jours à faire des emplettes et à déguster quelques bonnes spécialités. Nathalie finit de boucler son sac ( ou plutôt ses sacs maintenant!!) de souvenirs et cadeaux.
Un regret : j'ai perdu le contact de ce jeune couple rencontré au Machu Picchu mais cela ne nous empêche pas de déguster un bon ceviche
( plat typique de fruit de mer ou poissons marinés dans du jus de citron)  
et de profiter du marché aux poissons pour faire son choix de coquilles
St Jacques ou crevettes avant de les faire cuisiner directement.
En plus ce sont deux jeunes hommes qui les préparent devant nous... Un vrai délice....mais aussi un vrai plaisir !!!( j'ai toujours adoré regarder les garçons cuisiner...Hum trop sexy ! )
Le jour du départ est arrivé pour Nathalie et nous l'accompagnons à l'aéroport. Malgré ses 30 kg de bagages, elle passe sans problème l'enregistrement et ne paye pas de supplément.Le voyage s'annonce bien, un dernier au revoir et encore merci de ta visite...A dans trois mois.


Maintenant que nous sommes de nouveau livrer à nous même, il nous faut décider où le vent va nous mener...mais une seule envie prendre un peu de repos, ne rien faire, ne rien visiter, juste écouter le temps qui passe, flemmarder...un peu de vacances quoi !!
Et après épluchage du guide , nous décidons de faire une pause à Puerto Bermudez dans le bassin amazonien et sur la route qui doit nous mener à Iquitos.
Mais il n'est pas aussi facile de rejoindre cette petite ville où en principe les touristes ne s'arrêtent pas. Nous prenons un bus de nuit jusqu'à La Merced où nous arrivons vers les 8h...De là nous savons que les choses se compliquent un peu .
En principe, des pick up font le trajet jusqu'à puerto Bermudez, le voyage est éprouvant, sa durée varie selon la météo (6 à 10h) et ils ne partent que tôt le matin...Bref nous pensions dormir à La Merced mais il n'en est rien... puisque à peine descendus du bus, on nous trouve un minibus prêt à partir. Juste le temps d'avaler un café et nous voilà de nouveau dans un véhicule....Et les vacances c'est pour quand ? me crie ma petite voix intérieur...
La route piste ( alternance d'asphalte et terre) est renommée pour être redoutable et même impraticable en saison des pluies.
Ce matin , le ciel est bien menaçant mais le chemin reste sec et seuls bosses, trous et poussière nous chahutent un peu sur nos sièges. Quelques passages à gué sont plus difficiles et nous imaginons facilement qu'avec la montée des eaux ils peuvent devenir un véritable défi. Pendant 6 heures nous traversons la jungle épaisse, quelques habitations jalonnent le long de la piste mais le vert prédomine et semble absorber tout l'espace.
Finalement le voyage se passe bien même si nous sortons un peu courbaturés de l'unique position possible imposé par le peu d'espace des sièges....ici mieux vaut ne pas avoir les dimensions d'un basketteur mais plutôt celles d'un jockey !!!


Puerto Bermudez est une petite ville de 1000 habitants perdue dans l'amazonie . Sur ses larges rues de terre sans trottoir, vieux camions, pick up, taxi collectif et moto taxi ( tuk tuk) circulent en soulevant des nuages de poussière. De nombreux chiens errent à la recherche d'un peu de nourriture. Ici pas de supermarché, pas de restaurant, pas d'éclairage public, pas de touriste
( nous n'en avons vu aucun pendant tout notre séjour) et les habitations de tôle, de bois ou béton sont marquées par l'empreinte des saisons qui passent. Une petite place aux bancs en ciment accueille quelques arbres et fleurs fanées...centre névralgique de la bourgade on y trouve le seul cybercafé, la poste et l'unique banque. La gare routière se réduit à un no man's land pourvu de quelques tôles servant de parasol aux voitures collectives et minibus partant seulement quand ils sont pleins. De petites échoppes permettent aux voyageurs de se restaurer et de se désaltérer en attendant l'hypothétique départ. Le dépaysement total !



Notre logement « l'auberge Humboldt » se trouve plus bas, en face du fleuve Pachitea et est un véritable petit éden. Belle maison en bois plantée au milieu d'un magnifique jardin aux arbres et fleurs exotiques c'est un endroit parfait pour prendre du repos.








 Les chambres sont petites mais une grande pièce commune pourvue de hamac complète parfaitement cette ambiance chaude des tropiques.
 La maison est vide et nous sommes les seuls visiteurs.
 Jesus, notre hôte, la soixantaine passée est un personnage haut en couleur,
 chaleureux, intéressant et nous passons de bons moments à discuter du Pérou et de bien d'autres choses. Basque d'origine, il a beaucoup vadrouillé avant de se poser ici. Amoureux de la nature et fin connaisseur, il organise aussi des excursions dans la jungle et dans les communautés des Ashaninka ( la plus importante tribu indienne péruvienne). Bref nous avons trouvé l'endroit parfait pour nous reposer et explorer les alentours dans une atmosphère plus authentique......mais.. eh oui ! il y a malheureusement un mais... mais il n'y a pas de DAB ( distributeur de sous) à Puerto Bermudez et dans notre précipitation nous n'avons pas retiré d'argent à La Merced. Le plus proche distributeur se trouvant à 5 h de route, nous faisons nos comptes, nous ne pouvons passer que 4 nuits et impossible de s'offrir une sortie en jungle. Quel regret !! pourtant nous savons que la précipitation n'est pas une bonne chose...Les erreurs doivent des fois se répéter pour servir de leçon...dure leçon.
Mais nous passons un agréable séjour, petit déjeuner tardif avec Jesus ( c'est quand même pas tous les jours qu' on partage sa table avec Jesus!!),
Repos et lecture dans les hamacs accompagnés de musique classique, écriture du blog, petites promenades le long du Patichéa,
goûter en ville avec chicha morada ( boisson non alcoolisée préparée en faisant bouillir du mais violet et agrémentée de cannelle ou clou de girofle) et gâteau à la banane, dîner préparé et avec notre hôte ( enfin des légumes!!!), discussions sur ce monde à faire et à refaire....Le paradis !!! et ces 4 jours passés ici ne nous donne pas l'envie d'en partir, les habitants de Puerto Bermudez étant de surcroît gentils et aimables avec les deux seuls « blanc bec » de la ville.



Connaissant notre projet de rejoindre Iquitos de Pucallpa par bateau et notre envie de nous plonger dans les profondeurs du vert amazonien, Jesus nous indique un guide pour visiter la réserve de Pacaya Samiria avec un arrêt avant Iquitos mais il nous faut le contacter par mail puisque difficilement joignable ( impossible à faire ici).
Nous refaisons nos sacs en maudissant notre négligence
et nous nous préparons pour prendre notre minibus
en direction de Pucallpa et de notre bateau....mais ça c'est une autre histoire.




dimanche 18 janvier 2015

22/10 – 27/10 : Puerto Maldonado Pérou

Déjà plus que 7 jours avant le départ de Nathalie de Lima...mais toujours cette envie de se confronter à la chaleur, l'humidité et les bestioles en tout genre de l'Amazonie et découvrir ainsi ce Pérou aux contrastes si extrêmes. Mais l'opération n'est pas si facile, concilier distances, budget et temps est un véritable casse tête. Finalement notre dévolu se porte sur Puerto Maldonado à 10 heures de bus de Cuzco et possédant un aéroport nous permettant ainsi d'éviter 34 h de bus jusqu'à Lima et de gagner du temps sur notre séjour en jungle. Beaucoup de lodge proposent des forfaits comprenant hébergement, nourriture et excursions mais la fatigue s'est accumulée ces derniers temps, ne voulant pas d'un programme trop chargé et être libre de notre emploi du temps nous ne réservons que notre logement...après nous verrons !!!

On nous avait promis 10 heures de bus et pour le même prix nous en avons eu 11 !!! C'est ainsi au Pérou...Quand on aime on ne compte pas. Le voyage est cependant agréable, confortable et le service est impeccable. Denis, quant à lui, est content d'avoir une jolie hôtesse habillée d'une mini jupe et montée sur des hauts talons. Ah les hommes !!!
Le paysage, lui aussi, vaut le coup d’œil et après avoir grimper les montagnes nous redescendons vers des décors plus verdoyants et chauds. La grande route interocéanique n'existe que depuis peu ( 2011) et a sorti Puerto Maldonado de son isolement mais les répercussions écologiques et sociales sont énormes et néfastes mettant en péril le mode de vie des ethnies présentes et la biodiversité de la région. Nous sommes conscients de ce paradoxe où enrichissement rime avec appauvrissement... Un petit goût amer dans notre désir de découvrir cette région.

Nous arrivons à la nuit tombée à Puerto Maldonado et c'est une grande bouffée de chaleur humide qui nous accueille en premier. Notre arrivée tardive nous oblige à loger dans la ville le soir même avant de rejoindre le lendemain nos bungalows. Le personnel du lodge est là pour nous faciliter la tâche et nous donner rendez vous pour le transfert en bateau.
La ville n'a pas rien d’exceptionnel et quelques rues en terre rajoutent à cette impression de bout du monde. Les moustiques sont de nouveau très présents, motos et scooters se bousculent, l'animation est frénétique et tous cela nous rappelle un peu l'Asie. Situé au confluent du rio Tambopata et du rio Madre de dios la vie fluviale en est intense même si le nouveau pont en a réduit considérablement l'activité. Le visage de la citée change au rythme du niveau de ses deux fleuves. Les habitants y sont souriants, accueillants et l'ambiance générale est agréable.
Un autre Pérou où jupons multicolores et chapeaux de toutes formes ont laissé la place aux shorts sexy et décolletés, où le soir et la nuit sont à part entière des moments de vie et de fête, où l'on retrouve profusion de fruits exotiques et végétation luxuriante.

Après une petite heure de navigation sur le Madre de Dios, large fleuve aux eaux brunâtres et affluent de l'Amazone, nous arrivons à notre logement. Le lieu est charmant avec sa grande salle à manger commune et ses 8 bungalows éparpillés dans un jardin de fleurs exotiques et d'arbres gigantesques entouré d'une jungle profonde.



Lucie, le pécari domestique de la maison nous accueille chaleureusement. Tel un véritable toutou elle cherche présence, caresses et veut se frotter aux premières jambes qu'elle rencontre...mais son poil raide et ses bains de boue réguliers repoussent un peu l'envie d'un gros câlin. Au cri de « non Lucie !! » nous comprenons que Nathalie en est la malheureuse première victime.



Un ara perché dans les hauteurs d'un arbre se manifeste,lui aussi, de temps en temps par ses puissants cris mais de nombreux autres oiseaux aux couleurs diverses peuplent l'endroit.



Nous admirons en particulier ces nids, véritable ouvrage de tisserands, suspendus aux branches des arbres qui se balancent au grès du vent, essayant d'en apercevoir les habitants et de les prendre en photo.
Mission difficile !! 
Il en est de même pour les colibris verts virevoltant
autour des héliconias et venant les butiner. Trop rapide !!





Madame Tarentule, elle, se laisse facilement photographier, ne bougeant pas une patte quand un attroupement de touristes fascinés et prudents se forme autour d'elle. Malgré son beau pelage noir, là aussi nous évitons les caresses
Elle nous fait l'honneur de sa présence plusieurs fois pendant notre séjour en particulier au dessus de la porte de notre bungalow. Pas besoin d'appelerà la rescousse les guides mon chevalier servant m'en débarrassant facilement. Eh oui c'est Mon héros !!
Bien sûr de nombreux autres bestioles peuplent les lieux dont des insectes de toutes sortes et aux dimensions surnaturelles pour nous mais les moustiquaires de nos logements sont assez efficaces. Seuls une petite grenouille vient de temps en temps profiter de la fraîcheur du bac à douche ainsi qu'un petit rongeur visitant les chambres la nuit à la recherche de gâteau ou fruit laissé là.



Le personnel et les guides du lodge sont sympathiques, des visiteurs du monde entier sont là et toutes les nationalités se côtoient amicalement, nous passons de bonnes soirées à discuter autour d'une bière en anglais et espagnol.
Nathalie apprenant même le français au plus charmant de nos guides avec ses quelques mots d'anglais, son dictionnaire d'espagnol et force gestes ..
 Ah ces femmes !!!
Tous les touristes restent 2 ou 3 jours avec un agenda d'excursions bien rempli...nous, nous privilégions des temps de repos avec une seule activité par jour .« Una excursion por dia ..no mas ! » devient notre devise, nous laissant ainsi le temps de nous acclimater à la forte chaleur étouffante et de profiter du lieu sans personne.
Au deuxième jour, à la vue des gros nuages noirs s'accumulant dans le ciel nous espérons un peu de fraîcheur...L 'orage éclate et avec lui un vent puissant emporte feuilles, branches, déracinant même un palmier venant s'écraser, dans un bruit assourdissant, au pied du bungalow de Nathalie. Ouf !! Le responsable est inquiet et demande aux gens présents de se réfugier dans le bâtiment de la salle à manger. L'épisode est bref... et la fraîcheur tant attendue absente !!! La saison des pluies n'est pas encore là et le reste du séjour est sous les auspices d'un puissant soleil et d'une forte humidité.

















Visite nocturne aux caïmans :
A la nuit tombée, nous embarquons à la recherche de ce grand animal si discret qu'est le caïman. Notre guide nous a prévenu, nous ne verrons pas d'adulte. Ils sortent de leur cachette bien plus tard. Notre bateau traverse le rio Madre de Dios et longe l'autre rive où branchages et amas de feuilles se sont entassés et leur servent de repaire. Munis de nos lampes torches, nous éclairons les alentours dans l'espoir d'apercevoir le reflet jaune de leur yeux. En voici un et un autre !! Les spécimens sont de petite taille et même si nous naviguons sans moteur ils ne se laissent voir qu'un temps avant de plonger dans les eaux sombres du fleuve. Notre guide s'approche doucement d'un jeune et agilement l'attrape et le monte dans l'embarcation. Il ne fait que 80 cm mais est déjà bien impressionnant. De couleur clair l'animal est un peu affolé et malgré les puissantes mains qui le maintiennent, arrive à se dégager...Petit moment de panique où chacun retire ses jambes à la portée de cette solide et dangereuse mâchoire. Très vite, il est de nouveau maîtriser...encore un moment pour l'admirer et nous le remettons à l'eau, nous l'avons assez embêter pour ce soir !!
Un peu plus loin un groupe de Capybara broutent tranquillement au bord des berges. Petits et grands ne semblent pas ennuyer par notre présence et continuent leur activité. Plus grand rongeur au monde, adulte il peut atteindre les 1m30 et peser jusqu'à 60 kg. Mammifère semi aquatique, il nage très bien. Ressemblant au cochon, corps massif sans queue recouvert de poils raides et bruns avec un museau allongé et doté de deux petites oreilles il ne vit qu'en Amérique du sud. La rencontre est fortuite et heureuse...un seul regret ne pas avoir pris notre appareil photo...mais maintenant c'est à notre tour d'aller se restaurer.


L'île aux singes
Nous ne sommes que nous 3 pour cette excursion et notre jolie guide Esther. C'est en kayak que Denis et moi rejoignons cette petite île au milieu du fleuve. Naviguer ainsi sur le Madre de Dios est agréable et assez facile malgré les quelques kilomètres qui nous séparent de notre destination, son fort courant nous entraîne et nous mène à ce petit bout de terre.


Denis en profite pour se baigner avant de rejoindre par un court sentier le lieu de rendez vous avec les singes.


Cette petite île de 60 hectares régulièrement inondée est couverte d'une épaisse végétation où vivent plusieurs espèces de singes habitués aux visiteurs venus les admirer. Ils viennent sans timidité prendre les bananes que nous leur proposons. Dévalant les arbres, sautant d'une branches à l'autre, se chapardant la nourriture le spectacle est charmant et nous pouvons bien les observer mais plus difficilement les prendre en photos.


Agiles et rapides ils ne prennent pas encore la pause !!!
Esther nous explique les différences et les habitudes de vie de ces capucins que nous voyons pour la première fois. La ballade est sympathique et le retour se fait en bateau jusqu'au lodge.







Le lac Sandoval
Ce matin nous partons pour la journée au lac Sandoval avec Esther et deux autres personnes. Nathalie ne fait pas partie de l'excursion, son pied l'a fait souffrir et les deux heures de marche prévues lui font peur. Elle en profite donc pour aller visiter une famille native vivant encore comme autrefois.
Après une heure de navigation nous atteignons les rives menant à l'entrée de la réserve de Tambopata. De suite le ton est donné, nous suivons un large chemin boueux à travers la jungle, admirant arbres, lianes, fleurs, papillons multicolores ou encore cette longue file de fourmis chargées de morceaux de feuilles qu'elles ont soigneusement découpées, ces minuscules chauves souris accrochées au tronc d'un arbre, ces gigantesques termitières, ces singes sautant de branches en branches....bref toute la vie petite ou grande que la jungle recèle et qu' Esther nous explique.

Au bout du sentier, l'eau a pris possession de la forêt et quelques barques permettent d'accéder au lac . Esther rame à travers ces petits canaux entourés d'arbres et couverts par endroit de nénuphars jusqu'à l'immensité des eaux du lac.
 Le soleil brille en cette fin de matinée et le spectacle de ces eaux bleues entourées d'une jungle épaisse aux multiples visages est de toute beauté...De grands palmiers les pieds dans l'eau semblent nous saluer sur notre passage...là un cormoran se repose, plus loin un autre pêche....de nombreux oiseaux vivent autour du lac et profitent de la richesse de ce milieu naturel . Nous avons l'occasion d'en apercevoir plusieurs espèces mais c'est toujours aussi difficile de les photographier et ma mémoire des noms est défaillante...seules me restent les images d'un monde animalier peu commun pour nous européens. De beaux souvenirs où la vue, l'odorat et l’ouïe ont chacun leur chapitre.



                                                                   




Nous prenons notre déjeuner sur la terre ferme, le cuisinier du lodge nous a préparé du riz et du poulet. Le repas est enveloppé et transporté dans une feuille de palmier..
Un délice ( comme toute la cuisine au lodge mais quelques fois trop salée !)

Un moment de pause et nous repartons sur le lac pour essayer d'apercevoir les loutres géantes, espèce menacée et maintenant protégée. Mais cet animal joueur ne semble pas vouloir se montrer aujourd'hui et juste quand nous allions abandonner, nous les apercevons au loin..les coups de rames ne sont pas assez puissants et rapides pour les rattraper et les admirer de plus près...Tant pis
C'est un peu fatigués et heureux que nous rentrons dans notre chambre et apprécions la douche fraîche après cette journée dans la chaleur de la jungle.

Perroquets et Perruches
C'est à 4 h30 du matin quand la nuit ne s'est pas encore retiré que nous nous levons pour aller admirer le petit déjeuner d'argile des perroquets et perruches. Un petit gilet est nécessaire pour naviguer sur le Madre de Dios à cette heure matinale mais le spectacle du lever du soleil vaut bien tous ces efforts. Images de toute beauté.. La brume s'élevant du fleuve rajoute du charme aux couleurs du ciel et de l'eau...Ambiance feutrée et douce que seul le bruit du moteur vient perturbé.
Et quand l'astre a finit de rougir et s'éloigne des limites de la terre, il dore chaudement collines, forêts et les vaguelettes provoquées par notre embarcation.



Enfin nous apercevons ces petites falaises d'argile où chaque matin des colonies de perruches et perroquets viennent absorber la terre pour ce prémunir des toxines des fruits ingérés.


Pas un bruit, pas un oiseau... quand soudain une nuée criarde s'abat et s'accroche aux parois de ces collines. Là perroquets verts à tête grise ou bleue ainsi que perruches vertes se nourrissent, s'envolant de temps en temps pour laisser la place à d'autres volatiles et s’approprier une autre parcelle de terre . Ce ballet chantant dure une bonne demi heure avant de les voir tous s'envoler vers d'autres lieux. Nous reprenons le chemin du retour pour à notre tour prendre notre copieux petit déjeuner.




Denis se fait un dernier petit plaisir, en participant à une marche de nuit dans la jungle. Nous lui laissons le loisir d'admirer insectes, scorpions et tarentules attirés par les lampes torches.. Sans nous!! Un vrai Indiana Jones!!

Notre séjour au Yakari eco lodge, nous a enchanté et surtout donné l'envie de se plonger encore plus dans la jungle. Notre voyage va se poursuivre dans cette amazonie et ses fleuves mythiques mais pour l'instant nous devons prendre l'avion et rejoindre Lima où Nathalie doit s'envoler pour la France ....mais ça c'est une autre histoire.






jeudi 15 janvier 2015

19/10 – 21/10 : Machu Picchu Pérou

Il n'est pas aisé de rejoindre le site le plus célèbre d'Amérique du sud... par contre c'est coûteux et dépasse largement notre budget journalier mais nous ne pouvons pas faire l'impasse sur ce lieu mythique dont je rêve depuis si longtemps.... Imaginez vous découvrir l’Égypte sans voir les pyramides ou encore Paris sans visiter la tour Eiffel...Pas question et puis tant pis pour le porte monnaie...et place à l'émotion.
Le plus simple est de prendre le train qui mène à Agua Caliente (village au pied du Machu Picchu) mais les trajets sont plus qu'onéreux et se payent en dollars. Le plus économique est de monter dans un bus jusqu'à Oliantaytambo puis un autre à destination de Santa Maria et ensuite de trouver un véhicule (pas de bus) pour Santa Teresa et de là attraper un moyen de locomotion jusqu'à la centrale hydroélectrique d'où une marche de 10 km vous amène à Agua Caliente ( pas de route, seulement une ligne de chemin de fer!). Bref un vrai casse tête !!
Nous optons donc pour un compromis et prenons un package comprenant le minibus jusqu'à la centrale électrique, nos deux nuits d'hôtel avec repas et petits déjeuners ainsi que l'entrée sur le site avec guide.
Nous nous chargeons donc un minimum laissant à notre logement de Cuzco le reste de nos affaires. Le voyage jusqu'à Santa Maria est agréable, les paysages de la vallée sacrée nous charment toujours autant mais notre montée jusqu'au col de 4300 m et la descente se passent dans le brouillard et la pluie nous empêchant ainsi d'en apprécier le décor . Pause déjeuner à Santa Maria où nous retrouvons le soleil et la chaleur avant de poursuivre sur une piste à flan de montagne,cahoteuse et étroite, qui suit les gorges du fleuve Urubamba. Malgré la prudence de notre chauffeur, le chemin est vraiment mauvais et plusieurs fois il me procure quelques frissons d'effroi. Les virages s’enchaînent et le klaxon va bon train mais je n'en suis pas mécontente à la vue de la largeur du passage, du trafic routier et du vide.
Le paysage a changé depuis Cuzco, redescendus en altitude nous retrouvons la végétation tropicale avec ses bananiers et son exubérance. Avec surprise et grand plaisir, nous revoilà dans la jungle..un petit arrière goût du Laos... Après 6 h 30 de voyage nous arrivons à la fameuse centrale électrique où la piste s'arrête définitivement.
Là, nous sommes accueillis par notre guide qui nous donne rendez vous 2 H 30 plus tard sur la place principale d' Agua caliente. Pour l'instant il nous faut marcher en suivant la ligne de chemin de fer .
La ballade n'est pas difficile... à part les premières centaines de mètres montant à travers la forêt, le chemin est pratiquement plat et plaisant. Au fond de ces gorges, fleurs exotiques, arbres dont de gigantesques avocatiers et oiseaux nous accompagnent. Le fleuve aux eaux claires et tumultueuses s'écoule à travers un champs d'immenses rochers polis et aux formes diverses nous laissant parfois entrevoir des visages bienveillants. La grandeur des montagnes qui nous entourent augmente la beauté du lieu. Seul le sifflet du train amenant les touristes les moins vaillants au village perturbe le chant de la nature. Le soleil brille de tous ses feux, les kilomètres s’enchaînent et la fatigue s'accumule. Malgré nos sacs allégés (chanceuse, je ne suis pas chargée puisque nous avons un sac pour 2... et mon chevalier servant pour le transporter!) les mollets commencent à nous rappeler qu'ils existent surtout que le pas est assez rapide puisqu'il nous faut arriver avant la nuit. Nathalie souffre de plus en plus et même avec quelques pauses le rythme ralenti. Galant et attentionné, Denis s'empare de son paquetage...(Eh oui c'est mon héros et c'est pour ça que je l'aime !!! )


























Apercevant les premières habitations nous pensons être au bout de nos peines mais les derniers kilomètres sont en pente raide et c'est finalement après 3 h de ballade et à la nuit tombée que nous arrivons au lieu du rendez vous. Une foule compacte de touristes attendent eux aussi leurs guides et pour pimenter le tout, le village subit une panne d'électricité et est plongé dans le noir total. C'est un grand « bordel » où des hommes munis d'une lampe de poche crient le nom des personnes qu'ils doivent emmener à leur hôtel. Nous avons perdu notre groupe et le défi est maintenant d'identifier notre homme vu seulement quelques instants.
Le nom de Kamel retenti plusieurs fois mais Denis reconnaît la silhouette et s'approche...
Rien à voir avec Gallet mais c'est bien notre guide et 3 français qu'il cherche.
Enfin, nous allons pouvoir nous reposer...
enfin pas vraiment de suite....Agua Caliente n'est que montées et il nous faut encore grimper de nombreuses marches dans l'obscurité slalomant parmi une nuée de visiteurs en essayant de ne pas perdre notre guide ( peu attentif à nous, lui!) avant d'atteindre notre pension....Oui enfin presque... Voilà notre petit groupe réuni dans le hall où l'ambiance est un peu tendue...l'hôtesse ne sait pas comment loger tout le monde et essaye de jouer au tétris avec ses clients...De plus ce n'est pas celui prévu, le standing est moindre et nous craignons pour la suite du programme...Nous nous retrouvons donc à 19 h dans une chambre triple éclairés par nos lampes frontales. Bref, l'organisation laisse à désirer mais surtout il nous faut redescendre à 20 h en bas du village pour prendre nos billets d'entrée et notre repas... la nouvelle laisse Nathalie sans jambe et prête à renoncer au Machu Picchu.
Avec le retour de la fée électricité, le courage revient. Encore la corvée de la file d'attente pour prendre, passeport en main, notre droit d'entrée au site ( 35 euros / personne. Déjà payé...là pas de mauvaise surprise) et nous faisons un peu plus connaissance avec les 6 personnes de notre groupe autour d'une table. Nous sympathisons avec un jeune couple de Lima en voyage de noce et partageons ce moment de rencontre avec 2 bouteilles de vin que l'on s'offre en extra. Echange de mail et téléphone, nous nous reverrons à la capitale pour déguster un ceviche...Promis !
Le programme du lendemain nous fait peur : lever 4 h 30 avec petit déjeuner pour ensuite soit prendre les premiers bus à 5 h 30, soit monter les escaliers qui mènent au site et qui promettent au moins 1 h 30 de rude grimpette. Descente vers les 11h pour refaire le chemin jusqu'à la station hydroélectrique et monter dans le minibus de 14 h à destination de Cuzco. Mais, nous, nous avons le temps et ne partons que le surlendemain ...tous le temps donc de profiter du lieu et de ne pas faire trop souffrir nos vieux corps de fumeurs, ni de s'imposer un rythme de commando !!! Le réveil ne sera donc pas si tôt et tant pis pour la visite guidée mais à nous la liberté de déambuler entre ces mythiques vieilles pierres...Et nous avons bien fait puisque le vin aidant, nous voici à papoter dans notre chambre jusqu'à environ 1 h 30 du matin.... de grammaire et orthographe en plus !!! Incroyable mais vrai...
A 8 h 30 la file d'attente devant les bus en partance pour le Machu Picchu est impressionnante et nous craignons de patienter longtemps mais à peine nos billets achetés (9 dollars!) que le véhicule de devant réclame 3 derniers passagers, Nathalie saisit agilement l'opportunité et 20 minutes plus tard nous voici sur le site. La chance nous sourit !!
Malgré la présence de nombreux visiteurs, malgré les gardiens munis de sifflet pour rappeler à l'ordre ceux qui ne suivent pas les chemins ou le sens de déambulation, malgré les interdictions multiples, malgré les innombrables marches et montées, le lieu n'en reste pas moins majestueux et de toute beauté. Perchée à 2430 mètres d'altitude sur une crête rocheuse, la citadelle incas surplombe l'Urubamba et nous offre une merveilleuse vue sur les sommets alentours et le célèbre Wayna Picchu. Beauté à couper le souffle, envie de s'envoler tel un condor pour l'admirer d'encore plus haut..Respirer à plein poumons et se sentir si vivant...Vertige...l'émotion est là et je sens pétiller dans mes yeux ces étoiles de rêve laissées par la petite fille que je ne suis plus. Je ne peux et ne veux, tel un guide, vous décrire cette ville : temples, maisons, bains, place, canaux d'irrigation, terrasses de culture restent encore aujourd'hui un grand mystère pour les archéologues et surtout les mots me manquent pour en dévoiler toute la beauté et l'ingéniosité. Un lieu inoubliable où le génie de l'homme semble épouser la magnificence de la mère nature.
Le soleil brille sur ces ruines si bien conservées et nous nous arrêtons souvent, prenant le temps de les admirer et espérant ainsi garder dans nos cœurs une parcelle de ce parfum de grâce.
En début d'après midi, les nuages et la pluie chassent la majeur partie des visiteurs, Nathalie fatiguée et refroidie décide, elle aussi, de se réfugier à l'accueil et de nous attendre.
L'ambiance du site change et la brume enrobe gracieusement les monts laissant place à d'autre images, d'autres sentiments... Tout n'est que beauté et le gris n'entache en rien ce merveilleux décor.





















                                                                                                                                                                Finalement, nous quittons le Machu Picchu vers les 15 heures,
Nathalie reprend le bus tandis que Denis et moi décidons, malgré la pluie, d'emprunter le chemin.



Succession de marches dégringolant à travers la montagne et la végétation, c'est heureux et comblés que nous affrontons le trajet et le mauvais temps , se félicitant aussi d'avoir pris un véhicule pour l'aller. En bas, après le pont qui traverse Urubamba, complètement trempés, nous nous arrêtons boire une tisane de feuilles de coca en espérant un peu que la colère du ciel s’atténue pour les derniers kilomètres qui nous séparent de notre chambre....mais non !!
Nathalie a plus de chance puisque, comme à l' aller, elle bénéficie d'une dernière place dans un bus sans avoir à attendre.

Aujourd'hui nous devons prendre notre minibus à 14 h à la station électrique pour notre retour sur Cuzco. Denis et moi prévoyons un pique nique et refaisons le joli chemin de 10 km en mode promenade avec tout le loisir d'admirer le paysage tandis que Nathalie ne voulant pas renouveler l'expérience prend le train.
Nous sommes tous bien au rendez vous mais de nouveau l'organisation a des failles et surtout plus de place pour nous dans le véhicule prévu. Finalement, nous partons avec une heure de retard et avec un chauffeur fou qui fait frémir plus d'un voyageur sur la piste. N'utilisant pas le klaxon et roulant trop vite sur cette voie difficile mes voisines lui crient plusieurs fois de ralentir. Heureusement pour mon palpitant, je suis du côté montagne.. ! L'ascension du col est quant à lui difficile, le minibus n'ayant pas plus de puissance qu'un camion chargé et nous arrivons à 22 heures à notre logement. Je m’effondre littéralement sur mon lit n'ayant pas la force de sortir manger ni même de préparer mon sac pour le lendemain matin et notre départ pour Puerto Maldonado....mais ça c'est une autre histoire.