jeudi 18 décembre 2014

06/10 – 09/ 10: Cabanaconde Pérou

Ce matin nous quittons la grande ville et partons à la découverte des villages du canyon d'El Colca.
Deuxième plus grand canyon au monde, notre première halte est située dans sa partie inférieure, la plus étroite et la plus profonde à Cabanaconde petite bourgade de 2000 habitants et perchée à 3300 m d'altitude.
Très vite, le bus se met à grimper et les montagnes arides se profilent à perte de vue. La montée est rude et longue et c'est sous la neige que nous passons le plus haut col du trajet à 4900m. En redescendant le décor change de nouveau et nous offre une vue superbe sur le Colca qui s'écoule en contrebas. D'abord larges, les gorges accueillent de nombreux villages perchés tout autour et le patchwork du vert des cultures en terrasse égaye cet univers de roches aux formes, replis et crevasses qui semblent être en perpétuel travail. Puis ce ne sont plus que falaises abruptes que nous apercevons de notre siège. Le dénivelé est tel que le fleuve disparaît de cette vision vertigineuse. Nous regrettons de ne pouvoir nous arrêter pour prendre quelques photos de ce paysage fantastique et grandiose. Denis se rattrape en prenant quelques clichés de notre petite voisine péruvienne et joue au papy gâteux. Il lui prête l'appareil et notre apprentie photographe s'en donne à cœur joie, chaque passager ayant droit à sa photo tandis que grimaces, coiffures bizarres sont prétexte à « une de plus » et à de grands fous rires. Approchant de notre destination finale le bus se remplit de locaux aux costumes et chapeaux traditionnels. Certaines femmes portent de grand chapeau de paille orné de fleurs tandis que d'autres arborent une coiffe en coton joliment brodée . Ici le vêtement est un code et montre l'appartenance à une ethnie.











Après 6 heures de voyage, Cabanaconde s'étale là devant nous sur cette parcelle de plat que lui a concéder la montagne jusqu'au bord du précipice. Petit village entouré de sommets enneigés, aux maisons en adobe, aux rues de terre et à sa grande église aux deux tours blanchies, nous voici donc à la campagne. Chevaux, ânes et moutons sont là pour nous rappeler qu'ici on vit du travaux des champs et en particulier de la culture du mais. Divers bâtiments en ruine témoignent de cette nature éblouissante mais dangereuse par les séismes réguliers qui secouent la région.
Malgré son éloignement, le village est un site touristique réputé. Son principal attrait est la découverte du canyon avec la fameuse randonnée à travers les petits chemins qui mènent au village de Sangalle ( nommé l'oasis) au fond de la gorge. Vertigineuse descente mais surtout rude remontée avec un dénivelé de 1200m.... !! Ce ne sera pas pour nous..Il nous faut déjà et simplement nous habituer à l'altitude...Les infusions de feuilles de coca aident un peu à supporter les effets des 3000m mais le premier jour chaque geste est fait au ralenti sous peine de manquer de souffle... nous nous contenterons donc de ballades à travers les champs aux alentours et le long des crêtes.
Sous un beau soleil, les habitants s'activent sur leurs parcelles délimitées par des murets en pierres sèches, labourant avec chevaux ou ânes la terre qu'ils préparent à recevoir les semences. Un système de petits canaux d'irrigation est bien entretenu et permet à chacun de recevoir l'eau nécessaire. Tout autour les terrains sont arides et seuls grands cactus et agaves s'épanouissent dans ce milieu. Nous arrivons au mirador installé au dessus du vide et pouvons admirer le canyon dans toute sa beauté..
Là les montagnes s'offrent à nous avec ces chemins dégringolant les pentes, reliant les villages entre eux et comme une petite tache de vert apparaît au fin fond de la gorge l'oasis bordé par le bleu du colca. La vue est vertigineuse !! C'est ainsi que nous profiterons durant notre séjour de ces magnifiques paysages longeant dans haut le canyon, jouissant des fleurs des cactées , des couleurs des roches, des jeux de lumière du soleil et des nuages s'accrochant aux sommets. Le spectacle du coucher de soleil est aussi mémorable mais Cabanaconde n'est pas seulement un décor enchanteur mais aussi un lieu de rencontres sympathiques.
Nathalie partie à la recherche d'une connexion internet rencontre de jeunes voyageurs ( un français , une française et un sud africain) installés dans le village et proposant de bons petits plats dans leur tout petit restaurant. Nous sympathisons autour de pisco sour et passerons de bonnes soirées ensemble à parler voyage et à refaire le monde.
C'est aussi au Papacho bar que nous faisons la connaissance de Julio jeune péruvien amoureux de son village et dont la seule ambition est de régaler ses hôtes de sa bonne cuisine et de faire la fête. Une pièce et une table composent son établissement mais ses excellents pisco sour et sa gentillesse en font un grand lieu où il fait bon passer une soirée. Musique, alcool, discussions et danses sont au programme. Un de ses amis fabriquant de bijoux nous rejoint et la fête se poursuit jusqu'à 2 heures du matin. Nous en profitons même pour admirer sa collection de bijoux et faire quelques beaux achats. Une rencontre inoubliable et des personnages plein d'énergie et de joie qui méritent d'être connus. L'heure tardive nous empêche, Denis et moi, de nous lever le lendemain matin pour voir le vol des condors à el cruz del condor, lieu unique où ces oiseaux profitent des courants ascendants du matin pour s'envoler au dessus du canyon. Oups !! La fiesta de la veille n'était pas prévue mais pas de regret pour cet agréable moment vécu.
Cabanaconde est un village attachant où ses habitants sont accueillants et authentiques...une vie campagnarde sans fard mais avec de grandes qualités humaines et c'est avec regret que nous le quittons . Nous n'abandonnons pas encore le Colca, notre prochaine étape Yanque est un autre village situé plus en amont et lui aussi perché dans les nuages à 3500 m d'altitude ….mais ça c'est une autre histoire.



















mardi 16 décembre 2014

01/10 – 06/10 : Arequipa « la blanche » Pérou

Notre prochain objectif est désormais le passage de frontière avec le Pérou mais cela nécessite encore quelques kilomètres pour atteindre le nord du Chili et en particulier la ville d'Arica.
Arica sera donc une étape sur notre remontée du territoire. Ville côtière aux plages célèbres pour les amateurs de surf et base idéale pour explorer les grands parcs situés plus à l'est, le temps nous est compté et nous ne ferons qu'une pause repos pour nous remettre de nos 10 h de bus. Juste le temps de flâner dans ses ruelles,de découvrir ses plages sous le soleil rougeoyant du soir et de prendre les renseignements utiles à notre changement de pays.











Des bus partent toutes les heures pour Tacna, première ville du Pérou, située à une cinquantaine de kilomètres de là. Pas de problème pour le passage entre les 2 pays et vers les 10 h du matin nous nous retrouvons au guichet de la gare routière pour continuer notre chemin vers notre destination finale : Arequipa. Nous voulons partir le plus tôt possible, la vendeuse me propose un véhicule pour 8 h 30 mais mon mauvais niveau d'espagnol et l'oubli du décalage horaire amplifient la confusion. Demain et matin se disent de la même façon et je m'acharne à lui expliquer que nous voulons un billet pour le jour même puisque pour moi il est déjà plus de 8 h.. Le dialogue de sourd dure un peu et finalement nous obtenons un bus pour 14 h. Concentrée sur les dires de mon interlocutrice je ne fait pas attention à Nathalie qui me rappelle les 2 h de moins à l'horloge péruvienne et c'est ainsi que nous voyons partir de nombreux bus et patientons 6 h avant le départ. Oups !!!
Visite donc des environs et de l'immense marché de Tacna...comme toutes les villes frontière une activité intense y règne et nous prenons doucement la température de ce nouveau pays si différent de son voisin. L'exotisme est plus présent et au grand plaisir de Denis, nous retrouvons ce« joyeux bordel organisé » qui fait tant le charme de l'Asie. Les « tuk tuk » font de nouveau leurs apparitions, complètement carrossés avec un design formule 1 et baptisés de surnoms alléchants, ils déambulent telle une armada dans les rues de la ville.
Le voyage de 6h est difficile...Le bus n'est pas confortable, pas de climatisation, pas de fenêtre qui s'ouvre pour se procurer un peu d'air et les vitres sont peintes en noir pour palier à l'absence de rideaux à nos places...nous avons pourtant choisi les sièges de devant mais là c'est la mauvaise option. Oups !!
C'est à la nuit tombée que nous arrivons à Arequipa, direction notre hospadeje (pension) où nous avons réservé deux chambres pour nous reposer d'une journée un peu difficile.....mais là, la déconvenue est de nouveau au rendez- vous Les chambres présentées sur internet ne sont pas exactement celles dont nous rêvions et Nathalie se retrouve près de la réception avec une petite pièce sans fenêtre qui ressemble plus à une cellule qu'à un « dormitorio » digne de ce nom. Après 6 h de voyage sur un siège aveugle , voilà la chambre aveugle ..Oups ! Le lendemain, elle troquera la salle de bain privative contre la lumière du jour mais pour l'instant il est tard et l'heure de dormir.
Arequipa est une belle ville...Perchée à 2400 m d'altitude et nichée dans un cadre enchanteur avec en toile de fond trois importants volcans dont « el Misti » qui culmine à 5825 m, sa plaza de armas offre de jolis bâtiments avec arcades construits en sillar (roche blanche). Son centre historique est classé depuis l'an 2000 au patrimoine mondial de l'Unesco et son immense cathédrale en est la perle. Site touristique renommé dans tout le Pérou, Arequipa la blanche soigne son image. Les rues sont proprettes, pas de chien errant ( la municipalité les exclus du centre touristique en les empoisonnants...redoutablement efficace) et même le soleil est de la partie. Nous partons donc à la découverte de la citée mais à peine sortis je me fais interviewé par une équipe de TV Pérou venue chercher les impressions du touriste gringo sur la région....moi qui a du mal à aligner quelques mots d'espagnol...et malgré mon « no hablo muy bien espanol », ils insistent et semblent satisfaits de mes brèves réponses. La rencontre nous amuse...tandis que nos premières visions de la place principale nous enchantent. Malgré les nombreux séismes que subit régulièrement la ville, la cathédrale, toujours debout, en impose. Nous prenons le temps de la visiter avec un guide francophone et découvrons cette imagerie religieuse particulière au pays où symbolisme chrétien et incas se mélangent. Nous montons aussi sur ses toits admirer la ville de là haut et ses cloches utilisées, entre autre, pour avertir la population d'éventuels dangers naturels de type éruption ou tremblement de terre.
Arequipa ne manque pas d'églises, monastères, cloîtres et musées bref, sans conteste, d' atouts culturels mais notre présence est surtout justifiée par notre envie de découvrir, non loin de là, le fameux canyon d' El Colca. L'un des plus grand canyon au monde et situé à plus de 3000 m d'altitude, notre séjour dans la citée nous permet de nous acclimater doucement avant de monter un peu plus haut vers les étoiles. Mais avant de partir à la découverte de ces villages hauts perchés il nous faut résoudre le problème récurent de la carte bleue de Nathalie. Toujours dans l'impossibilité de retirer de l'argent et malgré des essais répétés dans tous les distributeurs, cette situation rogne le plaisir du voyage et Nathalie vit de plus en plus mal cet état de fait, ne pouvant être libre de ses dépenses et de ses envies. Finalement, un virement reste la seule solution trouvée... et c'est au matin du jour de notre départ qu'elle peut enfin reprendre possession d'un petit pécule. L'esprit plus libre nous voici prêts a affronter l'altitude du canyon d' El Colca avec comme premier point de chute le village de Canabaconde....mais ça c'est une autre histoire.















samedi 13 décembre 2014

25/09 – 30/09 : San Pedro d'atacama Chili

16 h de bus nous séparent du désert et en particulier de San Pedro d'Atacama...Siège semi cama (donc demi lit) dont nous prenons possession en fin d'après midi. Le voyage est long mais ponctué par des surprises....Le sachet «  dîner » avec sa briquette de jus de fruit, son sandwich au pain rond et sa pauvre tranche de jambon esseulée, celui du « petit déj » avec la même boisson et une variation notable de l'en-cas par la tranche de fromage, seule, elle aussi bien sûr, ponctuent de repères notre voyage. Quelques films d'action américains en espagnol et sous titrés ( formateur pour l'apprentissage des langues) font aussi passer le temps.
Nous longeons la côte avec, au grès des virages, vue sur la mer bleue foncée et ses falaises abruptes ou bien vue sur les montagnes pelées où seuls de petits arbustes et de grands cactus peuvent survivre. Petit à petit, nous quittons les rivages, montant encore plus dans les hauteurs, là où les sommets touchent les étoiles . Grande route entourée de monts jusqu'à l'infini et aux couleurs changeantes, la file des camions et bus qui se suivent dans cette rude montée s'égrène elle aussi à perte de vue. Quelques cactées s'accrochent encore à la roche mais bientôt le soleil se couche en tirant sa belle couverture rosée sur les montagnes alentour. Au petit matin, c'est le désert Atacama qui nous accueille avec ses larges, immenses et arides vallées d'altitude. Visions d'un paysage de pierres aux formes et colorations surprenantes et un peu extra terrestre...A plus de 3000 m, nous admirons pour la première fois les Andes dont les paysages sont grandioses et complètement nouveaux pour nous. C'est cette sensation d'être une petite chose face à cette nature éblouissante par sa dureté, sa beauté et son immensité qui surprend en premier.... Effet de l'altitude ou pas, j' ai l'impression d'avoir le vertige, assise sur mon siège à admirer ces décors fabuleux où vigognes, alpagas et lamas broutent tranquillement les petites touffes d'herbe jaunie éparpillées sur cette terre aride. En fin de matinée, nous arrivons à San Pedro d'Atacama...
Petit village aux maisons et église en adobe, entouré d'un chapelet de volcans, il est aujourd'hui un grand centre touristique et notre guide nous a prévenu : il a perdu son authenticité pour un côté disneyland. Mais finalement la basse saison sévissant et l'emplacement de notre logement nous font percevoir San Pedro comme une charmante petite bourgade. La présence de touristes est indéniable mais notre chambre dans cette maison familiale, en dehors du village avec vue sur le plus célèbre des volcans « le licancabur » culminant à 5900 m environ, est un havre de paix. Prenant notre café matinal, face à ce géant de pierre et de feu nous regardons passer les quelques camions qui empruntent la route de terre se perdant dans l'infini et dont le tracé est souligné par les poteaux électriques qui la bordent. Quelques broussailles emportées par le vent tourbillonnent et donnent un petit côté « Bagdad Café ». Au centre, les maisons d'adobe abritent magasins d'artisanat, restaurants ou encore agences de voyage pour les excursions aux alentours ( et il y a de quoi faire!!) L'église malheureusement est en restauration et de grandes palissades, nous empêchent d'en apprécier la beauté...dommage !!















Ici, il est impossible de louer une voiture et rejoindre les différents sites en indépendant est difficile (sauf pour la vallée de la luna) nous décidons , une fois n'est pas coutume, de s'inscrire aux excursions proposées pour profiter au maximum du désert d'Atacama et de ses trésors en commençant par le plus célèbre de ses sites : la vallée de la luna.
C'est dans l'après midi que nous y accédons en compagnie d'une vingtaine de touristes et avec un guide bien sympathique dont l'anglais et l'espagnol sont facilement compréhensibles pour nous. Le lieu mérite bien son nom et devant nous s'étalent des paysages lunaires façonnés par la pluie et le vent durant de nombreuses années. Les roches sculptées par les éléments côtoient dunes de sable tandis que les dépôts blanchâtres du sodium donnent l'impression d'une neige fraîchement tombée. Le paysage est magnifique et dans un silence total nous pouvons entendre la pierre craquer et gémir sous la dilatation du sel présent dans ses entrailles. L'ambiance est bien particulière, les sommets de la cordillera et les volcans en toile de fond rajoutent de la poésie dans ce décor sublimement
austère. L'endroit est gigantesque et malgré la présence de touristes un sentiment de terre perdue et de bout du monde s'impose..la route qui traverse le site semble filer vers l'infini du désert et seuls les panneaux de signalisation nous rappellent une présence humaine. Petit passage à la « vallée de la muerte » où d'arides canyons révèlent qu'autrefois l'eau était bien présente. Nous reprenons notre bus pour aller admirer le coucher de soleil du haut des falaises. Là, les couleurs sont à couper le souffle. Le pourpre, le rose et l'ocre habillent merveilleusement la vallée de la luna et le licancabur qui dresse sa haute silhouette au loin. Un verre de pisco sour à la main nous savourons un de nos plus beau coucher de soleil et ne pouvons nous arrêter de prendre des clichés de ce tableau vivant, mouvant et émouvant.



















Ce matin, il fait encore nuit quand nous partons pour les geysers du volcan d' El Tatio. Tels des oignons nous avons enfilé toutes les couches possibles de vêtements chauds et moins chauds... on nous a prévenu qu'il fallait bien se couvrir, là haut à 4300m d'altitude...mais nos réserves sont pauvres.
C'est à 7 h que nous arrivons sur le site, les vitres givrées ne nous permettent pas d'apercevoir encore le décor mais notre guide nous annonce joyeusement que la température extérieure est de moins 8 degrés. Oups !! la capuche du sweat va être légère et les gants vont bien manquer...Nous ne pensions pas avoir des températures aussi basses !!!
Mais le spectacle est magique. Plus haut champ de geysers du monde, 80 fumerolles s'élèvent du sol avec en toile de fond la roche jaune ou noire . L'ambiance est donnée... Nous arpentons les chemins délimités avec comme compagnons ces nuages de vapeur montant vers le ciel bleu de l'altiplano. Entre le froid et l'altitude le souffle est court et j'ai l'impression de déambuler sur une autre planète en faisant chaque pas et geste au ralenti. A intervalle régulier, l'eau chaude est expulsée à plusieurs mètres du sol, la scène est fascinante mais aussi un peu inquiétante prouvant à chaque fois le danger et la force d'El Tatio. Des formations minérales complètent ce paysage surréaliste où les puissances naturelles s'expriment et où l'homme n'est pas capable de vivre. Pour nous réchauffer un peu on nous offre le petit déjeuner et rien que le fait de tenir son verre de café fait du bien. Le soleil passe au dessus des sommets et de nouveau nous pouvons sentir doigts, pieds et oreilles. Un peu plus loin un bassin d'eau chaude accueille les touristes valeureux. Denis n'hésite pas une seconde et plonge dans ce bon bain . Nathalie et moi n'avons pas le courage de nous déshabiller et nous immortalisons ces quelques brasses avec en arrière plan les visiteurs portant bonnet écharpe et anorak. Un contraste aussi saisissant qu' entre la température extérieure et celle de sa baignoire naturelle. Le site des geysers est administré par les Atacamenos et ce jour là ils offrent aux visiteurs présents un buffet et des danses en costumes traditionnels ...encore l'occasion de quelques jolis clichés.
Le chemin du retour nous permet d'admirer ces paysages faits de nuit et la descente vers San Pedro à 2500m d'altitude ne manque pas de charme. Toujours cette merveilleuse palette de couleurs et cette sensation d'immensité, d'infini. Nous croisons rivières, canard au bec bleu ou autre oiseaux, alpagas,vigognes et nous arrêtons un instant dans un village aux maisons et à l'église en adobe. Une superbe excursion et un record de froid et d'altitude dans notre voyage. C'est sûr demain nous allons acheter gants et bonnets, ici les montagnes sont belles mais aussi très hautes.....














Le lendemain, c'est sous le soleil de l'après midi que nous partons pour la laguna Cejar et los ojos de salar. Le vent souffle sur ces vastes plaines entourées de montagnes et de volcans. Les étendues d'eaux aux bleus intenses contrastent avec le jaune des graminées qui poussent aux alentour. Quelques dépôts blancs sur les rives rappellent la présence importante de sel. Nous pouvons nous baigner et flotter tellement la salinité est forte mais ce n'est pas encore l'été, l'eau reste froide et nous renonçons au bain profitant simplement de la beauté des couleurs.
Nous repartons un peu plus loin pour assister une fois de plus au merveilleux spectacle du soleil tirant sa révérence. Le rose domine et teinte les montagnes environnantes qui se reflètent ainsi vêtues dans l'eau des lagunes... Un paradis pour les photographes, un air de divin , un goût d'absolu et un instant éphémère unique que l'on respire à plein poumons..Ah que la terre est belle !!!












Pour finir notre séjour à San Pedro nous allons à la découverte de la laguna Chaxa site de nidification des flamants roses et des lagunas Miscanti et Miniques situées, elles, dans l'altiplano à plus de 4000 m d'altitude.
Malgré une température plus douce qu'au volcan d' El Tatio, les bonnets, écharpes et gants achetés la veille sont les bienvenus. Au milieu d'une étendue désertique de roche et de sel qui font craquer le sol sous nos pas comme si nous marchions sur la neige, s'étale, là devant nous, l'eau bleue de la Laguna Chaxa. En arrière plan les sommets enneigés l'entourent . Les flamants sont bien présents et en nombre..au loin certains dansent pour séduire leur belle, bougeant leur grand cou dans une chorégraphie synchronisée, d'autres la tête dans l'eau tourne sur eux même pour trouver leur nourriture. 3 espèces de flamants se retrouvent là et le site est bien protégé, les chemins bien balisés pour permettre aux visiteurs de les admirer sans les déranger. Je ne pensais pas trouver des flamants roses dans cette région du monde, la Camargue est pourtant bien loin d'ici...
Nous reprenons la route pour les hauteurs de l'altiplano. ..Une pause dans un charmant village permet d'admirer son église en adobe ainsi que les cultures en terrasse délimitées par des murets en pierre sèche.Nous prenons de l'altitude avec en point de mire le haut des volcans couverts de blanc.La démesure du paysage est à couper le souffle et on se sent si petit face à ses géants de pierre. Les couleurs se mélangent au grès des roches et de la végétation. Les petites touffes d'herbe jaunie et plantes médicinales parsemés sur les monts semblent être les seules capables d'exister en ces lieux. Même notre bus s'essouffle et finit par ne plus vouloir avancer... Notre guide et le chauffeur sont inquiets, nous voici perdus au milieu de l'altiplano à 4000 m d'altitude et à plus de 150 km de San Pedro...Le téléphone va bon train et en attendant que notre véhicule reprenne des forces nous finissons les 3 kms de montée restante à pieds. Doucement, toujours doucement...l'altitude faisant chaque pas est un effort et la respiration difficile.
Ce lac d'eau douce au bleu profond se détache, tel un mirage, dans cet univers aride de roches. Les volcans forment un écrin parfait à ce petit bijou naturel et le l'immensité du paysage rajoute à la beauté du lieu. Une fois de plus nous sommes émerveillés par les couleurs et son voisin encore plus grand n'a rien à lui envier. Difficile de décrire de tels lieux, difficile de trouver adjectifs ou superlatifs, difficile de rendre toute sa superbe à la magie d'une nature si extrême. Étourdis par le charme et l'altitude nous ne prêtons pas attention à notre bus qui nous a rejoint. Nous redescendons les yeux encore écarquillés de tant de merveilles traversant d' anciennes coulées de lave donnant aux roches plis, replis et formes bizarroïdes.

















Notre séjour dans le désert d'Atacama  nous a comblé de paysages extraordinaires et inoubliables avec une seule envie y revenir....Retrouver ce ciel si pur, ces géants de pierre et de feu,cette terre aride aux couleurs inconcevables, ces décors d'enfers paradisiaques et cette émotion devant une grandeur et une beauté qui nous dépasse...
Mais nous devons continuer notre chemin et notre prochaine étape est maintenant le Pérou....mais ça c'est une autre histoire.
*les photos panoramiques sont de Nathalie...encore merci