dimanche 18 janvier 2015

22/10 – 27/10 : Puerto Maldonado Pérou

Déjà plus que 7 jours avant le départ de Nathalie de Lima...mais toujours cette envie de se confronter à la chaleur, l'humidité et les bestioles en tout genre de l'Amazonie et découvrir ainsi ce Pérou aux contrastes si extrêmes. Mais l'opération n'est pas si facile, concilier distances, budget et temps est un véritable casse tête. Finalement notre dévolu se porte sur Puerto Maldonado à 10 heures de bus de Cuzco et possédant un aéroport nous permettant ainsi d'éviter 34 h de bus jusqu'à Lima et de gagner du temps sur notre séjour en jungle. Beaucoup de lodge proposent des forfaits comprenant hébergement, nourriture et excursions mais la fatigue s'est accumulée ces derniers temps, ne voulant pas d'un programme trop chargé et être libre de notre emploi du temps nous ne réservons que notre logement...après nous verrons !!!

On nous avait promis 10 heures de bus et pour le même prix nous en avons eu 11 !!! C'est ainsi au Pérou...Quand on aime on ne compte pas. Le voyage est cependant agréable, confortable et le service est impeccable. Denis, quant à lui, est content d'avoir une jolie hôtesse habillée d'une mini jupe et montée sur des hauts talons. Ah les hommes !!!
Le paysage, lui aussi, vaut le coup d’œil et après avoir grimper les montagnes nous redescendons vers des décors plus verdoyants et chauds. La grande route interocéanique n'existe que depuis peu ( 2011) et a sorti Puerto Maldonado de son isolement mais les répercussions écologiques et sociales sont énormes et néfastes mettant en péril le mode de vie des ethnies présentes et la biodiversité de la région. Nous sommes conscients de ce paradoxe où enrichissement rime avec appauvrissement... Un petit goût amer dans notre désir de découvrir cette région.

Nous arrivons à la nuit tombée à Puerto Maldonado et c'est une grande bouffée de chaleur humide qui nous accueille en premier. Notre arrivée tardive nous oblige à loger dans la ville le soir même avant de rejoindre le lendemain nos bungalows. Le personnel du lodge est là pour nous faciliter la tâche et nous donner rendez vous pour le transfert en bateau.
La ville n'a pas rien d’exceptionnel et quelques rues en terre rajoutent à cette impression de bout du monde. Les moustiques sont de nouveau très présents, motos et scooters se bousculent, l'animation est frénétique et tous cela nous rappelle un peu l'Asie. Situé au confluent du rio Tambopata et du rio Madre de dios la vie fluviale en est intense même si le nouveau pont en a réduit considérablement l'activité. Le visage de la citée change au rythme du niveau de ses deux fleuves. Les habitants y sont souriants, accueillants et l'ambiance générale est agréable.
Un autre Pérou où jupons multicolores et chapeaux de toutes formes ont laissé la place aux shorts sexy et décolletés, où le soir et la nuit sont à part entière des moments de vie et de fête, où l'on retrouve profusion de fruits exotiques et végétation luxuriante.

Après une petite heure de navigation sur le Madre de Dios, large fleuve aux eaux brunâtres et affluent de l'Amazone, nous arrivons à notre logement. Le lieu est charmant avec sa grande salle à manger commune et ses 8 bungalows éparpillés dans un jardin de fleurs exotiques et d'arbres gigantesques entouré d'une jungle profonde.



Lucie, le pécari domestique de la maison nous accueille chaleureusement. Tel un véritable toutou elle cherche présence, caresses et veut se frotter aux premières jambes qu'elle rencontre...mais son poil raide et ses bains de boue réguliers repoussent un peu l'envie d'un gros câlin. Au cri de « non Lucie !! » nous comprenons que Nathalie en est la malheureuse première victime.



Un ara perché dans les hauteurs d'un arbre se manifeste,lui aussi, de temps en temps par ses puissants cris mais de nombreux autres oiseaux aux couleurs diverses peuplent l'endroit.



Nous admirons en particulier ces nids, véritable ouvrage de tisserands, suspendus aux branches des arbres qui se balancent au grès du vent, essayant d'en apercevoir les habitants et de les prendre en photo.
Mission difficile !! 
Il en est de même pour les colibris verts virevoltant
autour des héliconias et venant les butiner. Trop rapide !!





Madame Tarentule, elle, se laisse facilement photographier, ne bougeant pas une patte quand un attroupement de touristes fascinés et prudents se forme autour d'elle. Malgré son beau pelage noir, là aussi nous évitons les caresses
Elle nous fait l'honneur de sa présence plusieurs fois pendant notre séjour en particulier au dessus de la porte de notre bungalow. Pas besoin d'appelerà la rescousse les guides mon chevalier servant m'en débarrassant facilement. Eh oui c'est Mon héros !!
Bien sûr de nombreux autres bestioles peuplent les lieux dont des insectes de toutes sortes et aux dimensions surnaturelles pour nous mais les moustiquaires de nos logements sont assez efficaces. Seuls une petite grenouille vient de temps en temps profiter de la fraîcheur du bac à douche ainsi qu'un petit rongeur visitant les chambres la nuit à la recherche de gâteau ou fruit laissé là.



Le personnel et les guides du lodge sont sympathiques, des visiteurs du monde entier sont là et toutes les nationalités se côtoient amicalement, nous passons de bonnes soirées à discuter autour d'une bière en anglais et espagnol.
Nathalie apprenant même le français au plus charmant de nos guides avec ses quelques mots d'anglais, son dictionnaire d'espagnol et force gestes ..
 Ah ces femmes !!!
Tous les touristes restent 2 ou 3 jours avec un agenda d'excursions bien rempli...nous, nous privilégions des temps de repos avec une seule activité par jour .« Una excursion por dia ..no mas ! » devient notre devise, nous laissant ainsi le temps de nous acclimater à la forte chaleur étouffante et de profiter du lieu sans personne.
Au deuxième jour, à la vue des gros nuages noirs s'accumulant dans le ciel nous espérons un peu de fraîcheur...L 'orage éclate et avec lui un vent puissant emporte feuilles, branches, déracinant même un palmier venant s'écraser, dans un bruit assourdissant, au pied du bungalow de Nathalie. Ouf !! Le responsable est inquiet et demande aux gens présents de se réfugier dans le bâtiment de la salle à manger. L'épisode est bref... et la fraîcheur tant attendue absente !!! La saison des pluies n'est pas encore là et le reste du séjour est sous les auspices d'un puissant soleil et d'une forte humidité.

















Visite nocturne aux caïmans :
A la nuit tombée, nous embarquons à la recherche de ce grand animal si discret qu'est le caïman. Notre guide nous a prévenu, nous ne verrons pas d'adulte. Ils sortent de leur cachette bien plus tard. Notre bateau traverse le rio Madre de Dios et longe l'autre rive où branchages et amas de feuilles se sont entassés et leur servent de repaire. Munis de nos lampes torches, nous éclairons les alentours dans l'espoir d'apercevoir le reflet jaune de leur yeux. En voici un et un autre !! Les spécimens sont de petite taille et même si nous naviguons sans moteur ils ne se laissent voir qu'un temps avant de plonger dans les eaux sombres du fleuve. Notre guide s'approche doucement d'un jeune et agilement l'attrape et le monte dans l'embarcation. Il ne fait que 80 cm mais est déjà bien impressionnant. De couleur clair l'animal est un peu affolé et malgré les puissantes mains qui le maintiennent, arrive à se dégager...Petit moment de panique où chacun retire ses jambes à la portée de cette solide et dangereuse mâchoire. Très vite, il est de nouveau maîtriser...encore un moment pour l'admirer et nous le remettons à l'eau, nous l'avons assez embêter pour ce soir !!
Un peu plus loin un groupe de Capybara broutent tranquillement au bord des berges. Petits et grands ne semblent pas ennuyer par notre présence et continuent leur activité. Plus grand rongeur au monde, adulte il peut atteindre les 1m30 et peser jusqu'à 60 kg. Mammifère semi aquatique, il nage très bien. Ressemblant au cochon, corps massif sans queue recouvert de poils raides et bruns avec un museau allongé et doté de deux petites oreilles il ne vit qu'en Amérique du sud. La rencontre est fortuite et heureuse...un seul regret ne pas avoir pris notre appareil photo...mais maintenant c'est à notre tour d'aller se restaurer.


L'île aux singes
Nous ne sommes que nous 3 pour cette excursion et notre jolie guide Esther. C'est en kayak que Denis et moi rejoignons cette petite île au milieu du fleuve. Naviguer ainsi sur le Madre de Dios est agréable et assez facile malgré les quelques kilomètres qui nous séparent de notre destination, son fort courant nous entraîne et nous mène à ce petit bout de terre.


Denis en profite pour se baigner avant de rejoindre par un court sentier le lieu de rendez vous avec les singes.


Cette petite île de 60 hectares régulièrement inondée est couverte d'une épaisse végétation où vivent plusieurs espèces de singes habitués aux visiteurs venus les admirer. Ils viennent sans timidité prendre les bananes que nous leur proposons. Dévalant les arbres, sautant d'une branches à l'autre, se chapardant la nourriture le spectacle est charmant et nous pouvons bien les observer mais plus difficilement les prendre en photos.


Agiles et rapides ils ne prennent pas encore la pause !!!
Esther nous explique les différences et les habitudes de vie de ces capucins que nous voyons pour la première fois. La ballade est sympathique et le retour se fait en bateau jusqu'au lodge.







Le lac Sandoval
Ce matin nous partons pour la journée au lac Sandoval avec Esther et deux autres personnes. Nathalie ne fait pas partie de l'excursion, son pied l'a fait souffrir et les deux heures de marche prévues lui font peur. Elle en profite donc pour aller visiter une famille native vivant encore comme autrefois.
Après une heure de navigation nous atteignons les rives menant à l'entrée de la réserve de Tambopata. De suite le ton est donné, nous suivons un large chemin boueux à travers la jungle, admirant arbres, lianes, fleurs, papillons multicolores ou encore cette longue file de fourmis chargées de morceaux de feuilles qu'elles ont soigneusement découpées, ces minuscules chauves souris accrochées au tronc d'un arbre, ces gigantesques termitières, ces singes sautant de branches en branches....bref toute la vie petite ou grande que la jungle recèle et qu' Esther nous explique.

Au bout du sentier, l'eau a pris possession de la forêt et quelques barques permettent d'accéder au lac . Esther rame à travers ces petits canaux entourés d'arbres et couverts par endroit de nénuphars jusqu'à l'immensité des eaux du lac.
 Le soleil brille en cette fin de matinée et le spectacle de ces eaux bleues entourées d'une jungle épaisse aux multiples visages est de toute beauté...De grands palmiers les pieds dans l'eau semblent nous saluer sur notre passage...là un cormoran se repose, plus loin un autre pêche....de nombreux oiseaux vivent autour du lac et profitent de la richesse de ce milieu naturel . Nous avons l'occasion d'en apercevoir plusieurs espèces mais c'est toujours aussi difficile de les photographier et ma mémoire des noms est défaillante...seules me restent les images d'un monde animalier peu commun pour nous européens. De beaux souvenirs où la vue, l'odorat et l’ouïe ont chacun leur chapitre.



                                                                   




Nous prenons notre déjeuner sur la terre ferme, le cuisinier du lodge nous a préparé du riz et du poulet. Le repas est enveloppé et transporté dans une feuille de palmier..
Un délice ( comme toute la cuisine au lodge mais quelques fois trop salée !)

Un moment de pause et nous repartons sur le lac pour essayer d'apercevoir les loutres géantes, espèce menacée et maintenant protégée. Mais cet animal joueur ne semble pas vouloir se montrer aujourd'hui et juste quand nous allions abandonner, nous les apercevons au loin..les coups de rames ne sont pas assez puissants et rapides pour les rattraper et les admirer de plus près...Tant pis
C'est un peu fatigués et heureux que nous rentrons dans notre chambre et apprécions la douche fraîche après cette journée dans la chaleur de la jungle.

Perroquets et Perruches
C'est à 4 h30 du matin quand la nuit ne s'est pas encore retiré que nous nous levons pour aller admirer le petit déjeuner d'argile des perroquets et perruches. Un petit gilet est nécessaire pour naviguer sur le Madre de Dios à cette heure matinale mais le spectacle du lever du soleil vaut bien tous ces efforts. Images de toute beauté.. La brume s'élevant du fleuve rajoute du charme aux couleurs du ciel et de l'eau...Ambiance feutrée et douce que seul le bruit du moteur vient perturbé.
Et quand l'astre a finit de rougir et s'éloigne des limites de la terre, il dore chaudement collines, forêts et les vaguelettes provoquées par notre embarcation.



Enfin nous apercevons ces petites falaises d'argile où chaque matin des colonies de perruches et perroquets viennent absorber la terre pour ce prémunir des toxines des fruits ingérés.


Pas un bruit, pas un oiseau... quand soudain une nuée criarde s'abat et s'accroche aux parois de ces collines. Là perroquets verts à tête grise ou bleue ainsi que perruches vertes se nourrissent, s'envolant de temps en temps pour laisser la place à d'autres volatiles et s’approprier une autre parcelle de terre . Ce ballet chantant dure une bonne demi heure avant de les voir tous s'envoler vers d'autres lieux. Nous reprenons le chemin du retour pour à notre tour prendre notre copieux petit déjeuner.




Denis se fait un dernier petit plaisir, en participant à une marche de nuit dans la jungle. Nous lui laissons le loisir d'admirer insectes, scorpions et tarentules attirés par les lampes torches.. Sans nous!! Un vrai Indiana Jones!!

Notre séjour au Yakari eco lodge, nous a enchanté et surtout donné l'envie de se plonger encore plus dans la jungle. Notre voyage va se poursuivre dans cette amazonie et ses fleuves mythiques mais pour l'instant nous devons prendre l'avion et rejoindre Lima où Nathalie doit s'envoler pour la France ....mais ça c'est une autre histoire.






jeudi 15 janvier 2015

19/10 – 21/10 : Machu Picchu Pérou

Il n'est pas aisé de rejoindre le site le plus célèbre d'Amérique du sud... par contre c'est coûteux et dépasse largement notre budget journalier mais nous ne pouvons pas faire l'impasse sur ce lieu mythique dont je rêve depuis si longtemps.... Imaginez vous découvrir l’Égypte sans voir les pyramides ou encore Paris sans visiter la tour Eiffel...Pas question et puis tant pis pour le porte monnaie...et place à l'émotion.
Le plus simple est de prendre le train qui mène à Agua Caliente (village au pied du Machu Picchu) mais les trajets sont plus qu'onéreux et se payent en dollars. Le plus économique est de monter dans un bus jusqu'à Oliantaytambo puis un autre à destination de Santa Maria et ensuite de trouver un véhicule (pas de bus) pour Santa Teresa et de là attraper un moyen de locomotion jusqu'à la centrale hydroélectrique d'où une marche de 10 km vous amène à Agua Caliente ( pas de route, seulement une ligne de chemin de fer!). Bref un vrai casse tête !!
Nous optons donc pour un compromis et prenons un package comprenant le minibus jusqu'à la centrale électrique, nos deux nuits d'hôtel avec repas et petits déjeuners ainsi que l'entrée sur le site avec guide.
Nous nous chargeons donc un minimum laissant à notre logement de Cuzco le reste de nos affaires. Le voyage jusqu'à Santa Maria est agréable, les paysages de la vallée sacrée nous charment toujours autant mais notre montée jusqu'au col de 4300 m et la descente se passent dans le brouillard et la pluie nous empêchant ainsi d'en apprécier le décor . Pause déjeuner à Santa Maria où nous retrouvons le soleil et la chaleur avant de poursuivre sur une piste à flan de montagne,cahoteuse et étroite, qui suit les gorges du fleuve Urubamba. Malgré la prudence de notre chauffeur, le chemin est vraiment mauvais et plusieurs fois il me procure quelques frissons d'effroi. Les virages s’enchaînent et le klaxon va bon train mais je n'en suis pas mécontente à la vue de la largeur du passage, du trafic routier et du vide.
Le paysage a changé depuis Cuzco, redescendus en altitude nous retrouvons la végétation tropicale avec ses bananiers et son exubérance. Avec surprise et grand plaisir, nous revoilà dans la jungle..un petit arrière goût du Laos... Après 6 h 30 de voyage nous arrivons à la fameuse centrale électrique où la piste s'arrête définitivement.
Là, nous sommes accueillis par notre guide qui nous donne rendez vous 2 H 30 plus tard sur la place principale d' Agua caliente. Pour l'instant il nous faut marcher en suivant la ligne de chemin de fer .
La ballade n'est pas difficile... à part les premières centaines de mètres montant à travers la forêt, le chemin est pratiquement plat et plaisant. Au fond de ces gorges, fleurs exotiques, arbres dont de gigantesques avocatiers et oiseaux nous accompagnent. Le fleuve aux eaux claires et tumultueuses s'écoule à travers un champs d'immenses rochers polis et aux formes diverses nous laissant parfois entrevoir des visages bienveillants. La grandeur des montagnes qui nous entourent augmente la beauté du lieu. Seul le sifflet du train amenant les touristes les moins vaillants au village perturbe le chant de la nature. Le soleil brille de tous ses feux, les kilomètres s’enchaînent et la fatigue s'accumule. Malgré nos sacs allégés (chanceuse, je ne suis pas chargée puisque nous avons un sac pour 2... et mon chevalier servant pour le transporter!) les mollets commencent à nous rappeler qu'ils existent surtout que le pas est assez rapide puisqu'il nous faut arriver avant la nuit. Nathalie souffre de plus en plus et même avec quelques pauses le rythme ralenti. Galant et attentionné, Denis s'empare de son paquetage...(Eh oui c'est mon héros et c'est pour ça que je l'aime !!! )


























Apercevant les premières habitations nous pensons être au bout de nos peines mais les derniers kilomètres sont en pente raide et c'est finalement après 3 h de ballade et à la nuit tombée que nous arrivons au lieu du rendez vous. Une foule compacte de touristes attendent eux aussi leurs guides et pour pimenter le tout, le village subit une panne d'électricité et est plongé dans le noir total. C'est un grand « bordel » où des hommes munis d'une lampe de poche crient le nom des personnes qu'ils doivent emmener à leur hôtel. Nous avons perdu notre groupe et le défi est maintenant d'identifier notre homme vu seulement quelques instants.
Le nom de Kamel retenti plusieurs fois mais Denis reconnaît la silhouette et s'approche...
Rien à voir avec Gallet mais c'est bien notre guide et 3 français qu'il cherche.
Enfin, nous allons pouvoir nous reposer...
enfin pas vraiment de suite....Agua Caliente n'est que montées et il nous faut encore grimper de nombreuses marches dans l'obscurité slalomant parmi une nuée de visiteurs en essayant de ne pas perdre notre guide ( peu attentif à nous, lui!) avant d'atteindre notre pension....Oui enfin presque... Voilà notre petit groupe réuni dans le hall où l'ambiance est un peu tendue...l'hôtesse ne sait pas comment loger tout le monde et essaye de jouer au tétris avec ses clients...De plus ce n'est pas celui prévu, le standing est moindre et nous craignons pour la suite du programme...Nous nous retrouvons donc à 19 h dans une chambre triple éclairés par nos lampes frontales. Bref, l'organisation laisse à désirer mais surtout il nous faut redescendre à 20 h en bas du village pour prendre nos billets d'entrée et notre repas... la nouvelle laisse Nathalie sans jambe et prête à renoncer au Machu Picchu.
Avec le retour de la fée électricité, le courage revient. Encore la corvée de la file d'attente pour prendre, passeport en main, notre droit d'entrée au site ( 35 euros / personne. Déjà payé...là pas de mauvaise surprise) et nous faisons un peu plus connaissance avec les 6 personnes de notre groupe autour d'une table. Nous sympathisons avec un jeune couple de Lima en voyage de noce et partageons ce moment de rencontre avec 2 bouteilles de vin que l'on s'offre en extra. Echange de mail et téléphone, nous nous reverrons à la capitale pour déguster un ceviche...Promis !
Le programme du lendemain nous fait peur : lever 4 h 30 avec petit déjeuner pour ensuite soit prendre les premiers bus à 5 h 30, soit monter les escaliers qui mènent au site et qui promettent au moins 1 h 30 de rude grimpette. Descente vers les 11h pour refaire le chemin jusqu'à la station hydroélectrique et monter dans le minibus de 14 h à destination de Cuzco. Mais, nous, nous avons le temps et ne partons que le surlendemain ...tous le temps donc de profiter du lieu et de ne pas faire trop souffrir nos vieux corps de fumeurs, ni de s'imposer un rythme de commando !!! Le réveil ne sera donc pas si tôt et tant pis pour la visite guidée mais à nous la liberté de déambuler entre ces mythiques vieilles pierres...Et nous avons bien fait puisque le vin aidant, nous voici à papoter dans notre chambre jusqu'à environ 1 h 30 du matin.... de grammaire et orthographe en plus !!! Incroyable mais vrai...
A 8 h 30 la file d'attente devant les bus en partance pour le Machu Picchu est impressionnante et nous craignons de patienter longtemps mais à peine nos billets achetés (9 dollars!) que le véhicule de devant réclame 3 derniers passagers, Nathalie saisit agilement l'opportunité et 20 minutes plus tard nous voici sur le site. La chance nous sourit !!
Malgré la présence de nombreux visiteurs, malgré les gardiens munis de sifflet pour rappeler à l'ordre ceux qui ne suivent pas les chemins ou le sens de déambulation, malgré les interdictions multiples, malgré les innombrables marches et montées, le lieu n'en reste pas moins majestueux et de toute beauté. Perchée à 2430 mètres d'altitude sur une crête rocheuse, la citadelle incas surplombe l'Urubamba et nous offre une merveilleuse vue sur les sommets alentours et le célèbre Wayna Picchu. Beauté à couper le souffle, envie de s'envoler tel un condor pour l'admirer d'encore plus haut..Respirer à plein poumons et se sentir si vivant...Vertige...l'émotion est là et je sens pétiller dans mes yeux ces étoiles de rêve laissées par la petite fille que je ne suis plus. Je ne peux et ne veux, tel un guide, vous décrire cette ville : temples, maisons, bains, place, canaux d'irrigation, terrasses de culture restent encore aujourd'hui un grand mystère pour les archéologues et surtout les mots me manquent pour en dévoiler toute la beauté et l'ingéniosité. Un lieu inoubliable où le génie de l'homme semble épouser la magnificence de la mère nature.
Le soleil brille sur ces ruines si bien conservées et nous nous arrêtons souvent, prenant le temps de les admirer et espérant ainsi garder dans nos cœurs une parcelle de ce parfum de grâce.
En début d'après midi, les nuages et la pluie chassent la majeur partie des visiteurs, Nathalie fatiguée et refroidie décide, elle aussi, de se réfugier à l'accueil et de nous attendre.
L'ambiance du site change et la brume enrobe gracieusement les monts laissant place à d'autre images, d'autres sentiments... Tout n'est que beauté et le gris n'entache en rien ce merveilleux décor.





















                                                                                                                                                                Finalement, nous quittons le Machu Picchu vers les 15 heures,
Nathalie reprend le bus tandis que Denis et moi décidons, malgré la pluie, d'emprunter le chemin.



Succession de marches dégringolant à travers la montagne et la végétation, c'est heureux et comblés que nous affrontons le trajet et le mauvais temps , se félicitant aussi d'avoir pris un véhicule pour l'aller. En bas, après le pont qui traverse Urubamba, complètement trempés, nous nous arrêtons boire une tisane de feuilles de coca en espérant un peu que la colère du ciel s’atténue pour les derniers kilomètres qui nous séparent de notre chambre....mais non !!
Nathalie a plus de chance puisque, comme à l' aller, elle bénéficie d'une dernière place dans un bus sans avoir à attendre.

Aujourd'hui nous devons prendre notre minibus à 14 h à la station électrique pour notre retour sur Cuzco. Denis et moi prévoyons un pique nique et refaisons le joli chemin de 10 km en mode promenade avec tout le loisir d'admirer le paysage tandis que Nathalie ne voulant pas renouveler l'expérience prend le train.
Nous sommes tous bien au rendez vous mais de nouveau l'organisation a des failles et surtout plus de place pour nous dans le véhicule prévu. Finalement, nous partons avec une heure de retard et avec un chauffeur fou qui fait frémir plus d'un voyageur sur la piste. N'utilisant pas le klaxon et roulant trop vite sur cette voie difficile mes voisines lui crient plusieurs fois de ralentir. Heureusement pour mon palpitant, je suis du côté montagne.. ! L'ascension du col est quant à lui difficile, le minibus n'ayant pas plus de puissance qu'un camion chargé et nous arrivons à 22 heures à notre logement. Je m’effondre littéralement sur mon lit n'ayant pas la force de sortir manger ni même de préparer mon sac pour le lendemain matin et notre départ pour Puerto Maldonado....mais ça c'est une autre histoire.




jeudi 8 janvier 2015

08/01/2015 : Je suis Charlie... Soy Charlie


En ce début janvier, je devais profiter d'un jour de repos pour écrire notre étape au Machu Picchu mais les mots ne me viennent pas et toutes mes pensées sont accaparées par l'horreur de l'attentat de Charlie Hebdo.... Et notre périple me semble soudain si dérisoire, si désuet face à cet engagement de chaque jour de ces journalistes et qui a fini par leur coûter la vie.
La Patagonie où nous nous trouvons actuellement s'est parée, elle aussi d'un voile noir et nos cœurs, loin de vous, sont en deuil. Tristesse et colère... !!
Hier, des lâches ont assassiné la liberté et l'incarnation de cet esprit français dont je suis si fière...Ayant traversé de nombreux pays où la liberté d'expression n'est encore qu'un rêve et un véritable combat, je ne pensais pas que dans le pays des droits de l'homme un crayon et l'humour fassent aussi peur et amènent à la mort de 12 personnes...J'avais oublié que les temps sombres sont de retour, j'avais oublié la connerie humaine et l'horreur que la fermeture d'esprit et la peur peuvent engendrer...J'avais oublié..
Mais toutes ces manifestations en hommage à ces héros de notre liberté, réunissant jeunes, vieux, athées, croyants de toutes confessions et de tous pays, me font encore croire à un monde meilleur.
Alors élevons nos crayons, nos voix , nos poèmes, nos chansons, nos banderoles et nos rires face à l'abominable, face à ces montres qui veulent nous faire taire......


JE SUIS CHARLIE..... SOMOS CHARLIE.

lundi 5 janvier 2015

17/10 – 19/10 : Cuzco et la vallée sacrée Pérou

Cuzco un nom qui résonne à mes oreilles comme un doux chant prometteur de trésors architecturaux et berceau d'une civilisation fascinante....Cuzco considéré par les incas comme le nombril du monde et sa vallée sacrée comme le lieu de naissance de l'arc en ciel n'est maintenant plus qu'à 6 heures de trajet en bus...à portée de mains en somme... et je suis impatiente de visiter enfin cette région qui m'a si longtemps fasciné.
Le voyage est agréable, le bus confortable et les paysages traversés toujours aussi imposants et grandioses. Les montagnes nous accompagnent encore avec ses hauts plateaux arides et ses sommets enneigés. Nous faisons une halte au point de vue du plus haut col du trajet à 4300 mètres environ. Là, quelques stands vendent de l'artisanat et on peux même se faire prendre en photo à côté d'un lama contre quelques pièces. L'arrêt est touristique mais l'intérêt réside dans la vue offerte sur ce décor majestueux.
Cuzco , capitale incas située à 3300 mètres d'altitude est une belle ville dont la plaza de armas est la perle et le centre touristique incontestable. D'étroites rues pavées et de nombreux escaliers permettent d'accéder aux quartiers s'étalant sur les collines qui entourent la cité. Et notre logement n'échappe pas à la règle, bien que proche de la place principale il est beaucoup plus haut et nos mollets vont être encore mis à rude épreuve !!! En toile de fond les montagnes ne sont toujours pas très loin.
Malgré ce décorum grandiose, la cathédrale en impose et la plaza de armas avec ses 2 autres églises et ses maisons coloniales aux jolies arcades mérite la photo. Une fontaine surmontée de la statue de l'incas trône en son centre. Les abruptes ruelles qui y débouchent recèlent de maisons aux balcons finement sculptés ou peints et sont devenus pour la plupart restaurants ou magasins d'artisanat. Ici les touristes sont très présents mais il est vrai que Cuzco et ses alentours cachent des sites incas de toute beauté et mérite une attention particulière.
Les choses à voir et à faire ne manque pas entre ruines préhispaniques, bâtiments coloniaux (construits d'ailleurs avec les pierres des sites incas), visite des musées et divertissement dans les bars locaux avec bonne nourriture et musique live.







Mais la difficulté maintenant est de gérer notre temps. Nathalie s'envole pour la France le 29 octobre de Lima et elle désire découvrir la jungle amazonienne du Pérou avant son départ.
Les trajets sont longs dans ce grand pays aux reliefs si hauts et chaque étape se traduit par de nombreuses heures de bus. Nous ne faisons donc qu'une escale de 3 jours à Cuzco et sa région voulant ainsi pouvoir consacrer 3 jours au Machu Picchu ( il faut une journée de voyage pour y accéder d'ici et de même pour le retour). La jungle sera ensuite notre prochain arrêt avec comme point de chute la ville de puerto Maldonado.
Mais pour l'instant, nous louons un taxi pour la journée afin d'aller explorer 3 sites de la vallée sacrée, cette solution nous évite les tour organisés et est finalement plus économique.
Au pied des monts andins le fleuve Urubamba s'écoule doucement et sa verte vallée héberge de nombreux villages tous plus charmants les uns que les autres. Depuis longtemps un lieu de vie privilégié, les sites incas foisonnent ici ainsi que de nombreuses terrasses qui accrochent le regard jusqu'au sommets des montagnes. La vallée sacrée se dévoile à nous et nous commençons notre visite par Pissac.
Sa citadelle perchée au dessus du village offre une superbe vue sur les gorges abruptes. Ce sont d'abord les terrasses formant de grandes courbes sur le flanc de la montagne qui nous accueillent. La maîtrise de la construction est surprenante et des pierres dépassant des murs permettaient de grimper au niveau supérieur. Sur un côté de la falaise des niches servaient de sépultures, là tout là haut perchés les incas inhumaient leurs morts. Aujourd'hui il ne reste plus rien, malgré l’accès difficile les pilleurs de tombes ont fait leur office. Le lieu est gigantesque et fait le tour de la montagne par des escaliers très escarpés et même un tunnel creusé dans la roche. Place stratégique, ils pouvaient ainsi contrôler et surveiller toute cette vallée. Les temples sont aussi remarquables par la grandeur et la précision de la taille des pierres s'ajustant parfaitement et résistant au temps et aux intempéries. Peuple au talent de constructeur ils devaient aussi avoir de bon mollet pour affronter de tel dénivelés !!







Nous continuons ensuite notre route vers Ollantaytambo traversant de nombreux villages qui invitent à l'arrêt . Arrivés à notre destination nous crions famine et nous trouvons un petit restaurant près du marché pour nous combler avec un menu correct et peu cher.
Le village est agréable avec ses ruelles pavées et déjà de loin nous apercevons sur la colline en face les ruines perchées.
C'est une forteresse que nous découvrons avec à ses pieds d'immenses terrasses grimpant jusqu'aux fortifications. D'importance militaire et religieuse le site offre de bels exemples d'architecture avec ses impressionnantes pierres bien plus grandes que moi et leur ajustage parfait.
Mais les escaliers qui y mènent font peur à Nathalie et elle ne s'aventure pas jusque là haut préférant visiter la partie basse où maisons d'habitation et bain publics avec son système de canalisation sont présents. Dommage, la vue et la découverte des ruines est fascinante...le vent pigmente encore un peu plus l'expédition et j'ai même l'impression que je risque de m'envoler. Assez vertigineux !!! Mais malgré ma peur du vide, captivée par ses vieilles pierres, je vais sans m'en rendre compte passer sur des chemins étroits en corniche suivant le flan de la colline. Le site est magnifique et mérite bien les efforts fournis pour monter les marches ( 300 et quelques selon le calcul de Denis!).













Nous finissons notre journée par la découverte de Chinchero village situé sur une plaine d'altitude à 3762 m. Le lieu offre principalement la vision de terrasses et d'une belle église coloniale construite sur le site inca. Si haut perché le paysage est grandiose et le panorama nous permet d'apprécier en bas la vallée et ses habitants qui s'activent aux champs comme des petits points de couleur tandis qu' en face les hauts sommets nous saluent. Nous faisons une pause sur les immenses sièges taillés dans la pierre situés un peu plus loin... Que c'est beau !!!
Nous redescendons à travers le village avec ses ruelles étroites et pavées et Nathalie en profite pour agrandir son sac de quelques souvenirs.









J'aurais aimé m'attarder davantage sur Cuzco où rester quelques jours dans ces villages de la vallée sacrée pour y vivre des moments paisibles dans cette région fabuleusement belle et riche en histoire.
Mais nous ne voulons pas passer que quelques heures sur le Machu Picchu et devons donc lui consacré 3 jours pour pouvoir jouir d'une journée entière entre ces murs les plus célèbre d'Amérique du sud. Demain donc départ pour Agua Caliente le village de base au fameux site....mais ça c'est une autre histoire.