mercredi 19 novembre 2014

12 /08 – 11/09 : Nouvelle Calédonie 1 ère partie : « la grande terre »

Avec le cœur battant un peu la chamade comme pour un premier rendez-vous galant et les mains tremblantes d'envie et d'impatience j'attends...j'attends une heure de plus pour enfin m'envoler vers ce pays d'outre mer, petit paradis terrestre aux eaux de toute beauté qui me fait rêver depuis si longtemps. L'impossible est là et le survol des lagons à l'approche de Nouméa donne le ton de notre périple d'un mois sur cette terre Kanak. Malgré notre retard d'avion et notre arrivée tardive, nos premières heures en Nouvelle Calédonie riment avec chance, luxe et volupté. N'ayant pu obtenir un logement à l'auberge de jeunesse, la réservation d'une chambre rapidement faite à l'aéroport de Sydney sur booking était notre dernière cartouche pour arriver à la nuit tombante à Nouméa avec un logement prévu. Une chance, nous sommes en basse saison et les complexes hôteliers divisent par 2 leur prix pour remplir leurs installations. 75 euros la chambre c'est ce que nous trouvons de moins cher ...Allez on y va ! L'accueil est charmant malgré nos « gueules de backpaker » , nos sacs bien éprouvés par tant d'heures et de kilomètres parcourus ainsi que la gestion urgente d'une coupure de courant dans 2 des 3 bâtiments...dont le notre . Et nous voici installés dans une chambre de luxe de 48 m² bénissant l'heureuse panne d'électricité responsable de ce surclassement. Grande salle de bain avec 2 lavabos et une baignoire ronde, bureau, fauteuil et terrasse de 12m² donnant sur la piscine du complexe hôtelier situé dans l'anse Vata. Le changement est saisissant, après l'ambiance internat place à plus de romance et de féerie avec celle de la lune de miel. Bien sûr nous profitons de suite d'un bon bain moussant... une première dans une baignoire ronde...et nous décidons devant l'enseigne de cet appétissant restaurant gascon de fêter dignement l'anniversaire de Denis. Toutes les excuses sont bonnes mais il est vrai que le 13 juillet n'a pas été vraiment accompagné d'un bon festin ...seulement 2 bières Lao...alors, place au bon vin rouge , poissons, coquille st jacques et desserts..bref de bons produits locaux et une bonne cuisine avec des gens simples, efficaces et sympathiques.
Territoire entouré d'une barrière de corail, l'eau ici a la vedette mais l'intérieur avec ses paysages de brousse, de montagne colorées et de végétation luxuriante n'a rien à lui envier. Seul Nouméa semble être un territoire à part. Grande ville où Kanac et caldoche se côtoient dans une inégalité sociale flagrante et où le luxe surplombe la misère. L'ambiance y est plus métropolitaine avec la grisaille et le sérieux qui l'entoure. Les quartiers touristiques des baies proposent de quoi divertir une jeunesse dorée et ses plages sont magnifiques et nous donne déjà un petit goût de bonheur. Le centre ville est beaucoup plus populaire et la population qui le fréquente plus variée. Mais Nouméa n'est pas la grande terre, vaste territoire aux multiples facettes. Le réseau de bus ne couvre pas les lieux de campement et les tribus un peu éloignées de la grande route. Privilégiant le camping comme mode de logement nous optons pour la location de voiture pour les déplacements afin de pouvoir visiter le nord et la côte Est. Mais le mauvais temps s'est malheureusement mis de la partie et nous avons subi la pluie pendant 3 semaines, nous frustrant ainsi des belles couleurs de la mer, voilant de gris nos beaux clichés et laissant au placard des regrets le snorkeling , le parc de la rivière bleue, une visite aux baleines et quelques baignades. Le plaisir est cependant resté et nous avons pu ainsi admirer toutes les palettes de couleurs de la mer, du gris des jours humides aux différents bleus turquoise de sous les rayons du soleil. Même les averses ont leurs charmes couvrant les paysages de couleurs particulières et douce à l'âme, parfumant l'air d'une flagrance « sous bois » révélant la terre et ses végétaux à nos narines endormies. Et cela ne nous empêchera nullement de plonger dans la découverte de paysages diversifiés dont Farino, Poingam et Hienghène resteront les points forts.






Situé à environ 150 km au nord de Nouméa, Farino  sera notre première étape. Le temps des préparatifs et nous quittons la grande ville en début d'après midi, l'heure un peu tardive nous décide à faire une halte pour la nuit sur une plage près de Boulouparis. Il est aisé de faire du camping sur l'île, les terrains communaux aménagés en aire de campement sont fréquents, souvent gratuit et les autres campings ou gîtes abordables et nombreux. Ce type de logement est le moins onéreux, les hôtels ainsi que les accueils en tribu sont plus chers... et puis la tente nous permet d'être immergés en pleine nature. Nous apprécions ce confort plus rudimentaire et les feux de bois nécessaire à la préparation de nos repas donne l'ambiance vacances. La route longeant la côte ouest nous offre des paysages de brousse où s'étalent fermes, grandes propriétés d'élevage bovins ou autres. Ici l'atmosphère far west préside avec chapeaux de cow boy et rodéo. La terre est sèche et les grandes touffes d'herbes jaunies semblent prêt à s'enflammer sous le soleil. Nous retrouvons le vert luxuriant en partant direction Est dans les montagnes couvertes de jungle. Farino petit village de tribu est niché dans ce décor tropical et le parc des grandes fougères en est l'attraction principale. C'est par une ballade sur les sentiers balisés du parc que nous découvrons toute la richesse et la beauté de la flore. Arbres gigantesques rivalisent par leur superbe avec les fougères arborescentes endémiques de l'île véritable parasol pouvant atteindre les 10 mètres de hauteur. Amatrice de ce végétal je suis comblé par son charme, ses impressionnantes dimensions et cette émanation de légèreté.. Mais la diversité est exceptionnelle, traversant des forêts de Niaouli dont la blancheur contraste avec le vert des palmiers , rejoignant petits ruisseaux de sous bois, grimpant des collines au dénivelé insoupçonné sous ce tapis de végétation luxuriante, nous découvrons une autre carte postale de la nouvelle Calédonie. Mieux qu'une image, différentes odeurs accompagnent nos pas, le parfum du Niaouli, la fraîcheur de la terre mouillée et la transpiration du bois... Que la Terre est belle !










C'est un tout autre décor que nous offre la pointe nord de la grande terre et nous y retrouvons la mer et ses lagons de rêve. Poingam, situé à 250 km de Farino, après une dizaine de kilomètres de piste entre mer et montagnes, perdue au bout de l'île, nous offre un magnifique lieu de campement. Bord de plage donnant sur le lagon, le soleil est là pour nous accueillir et nous offre ce camaïeu de bleu turquoise dont s'habillent les eaux illuminées par ses rayons. A peine la tente plantée que nous allons goûter au plaisir de la baignade et profitons des dernières heures du soleil avant sa magnifique révérence. Nombreux clichés de ciel se transformant en un tableau surréaliste de couleurs et dont les nuages embellissent les perspectives et créent à chaque instant une ambiance différente.. Un vrai régal pour les photographes amateurs que nous sommes !!! Une invitation à la romance et à la tranquillité . Bercés par le ressac de la marée et le sourire aux lèvres, nous plongeons dans les bras de Morphée nimbés de ces visions féeriques que composent les alentours.
A marée basse rochers, racines de palétuviers , étoiles de mer, crabes et diverses coquillages apparaissent. Le décor change et l'eau partie au loin nous laisse le loisir d'admirer toute cette vie aquatique. Esther, guide au gîte, nous initie au ramassage des palourdes bien enfouies dans le sable et des araignées de mer. Denis devient vite expert et ramène le repas du soir que nous cuisons simplement sur la braise du feu de camp. Encore une première fois... Nous nous sentons vivre et celait pourrait nous suffire pour l'éternité !! Le bruit du monde est bien loin et l’Éden peut être ici !! Nous quittons Poingam pour la côte Est de l'île, passant dans un paysage vallonné aux collines roses, ocres et rouges. La terre est à elle seule un patchwork de teintes diverses et intenses et nous rappelle que la grande terre possède des trésors de minéraux et de beauté.
                                                                         
 


                                                                         

















Hienghène sur la côte Est sera notre prochaine destination. Le paysage diffère énormément et la route côtière nous offre une vue magnifique sur les lagons bordés par une végétation luxuriante plus sauvage. Après le mont Panié (plus haut col de 1650 m) nous continuons notre chemin en empruntant le bac d' Ouaième, le dernier sur l'île. Le passage est rapide et la plate-forme accueillant véhicules et passagers est tractée par de gros câbles d'une berge à l'autre. Le trajet s'embellit encore avec ses formations rocheuses et ses nombreuses cascades dévalant à travers la forêt tropicale, formant ainsi une rivière qui s'unit aux eaux bleues du lagon dans un dernier entrelacs. A notre gauche la mer, les plages, les cocotiers et l'embouchure des cours d'eau.. à notre droite les roches de calcaire noir couvertes d'un vert tapis végétal et qui nous rappelle tant les monts karstiques d'Asie . Mais ici la nature s'est amusée à leur faire prendre forme et pas besoin d'imagination pour voir dans ce bout de terre s'avançant dans la mer la « poule couveuse » de Hienghène .Le lieu est magnifique mais le soleil n'est pas de la fête et le gris domine la palette de couleurs des eaux.
Notre campement au « Babou Côté Océan » est bien agréable et le lieu est idéal pour faire du snorkeling. Mais le déluge subit pendant notre séjour ne nous permet pas d'aller admirer les coraux et poissons de ces eaux trop agitées. Dommage !! Nous profitons des accalmies climatiques pour se promener dans cette jungle unie harmonieusement à cette roche qui s égrène jusqu'à la mer. Sentiers de terre, pont en bois et sable portent nos pas, maisons et cases entourées de beaux jardins fleuris s'éparpillent le long de notre ballade. Les intempéries se sont stoppées... notre dernier matin et notre dernière chance de visiter en kayak la lagune proche. Nous partons par la mer calme jusqu'à son embouchure et nous nous enfonçons doucement à travers les roches calcaires admirant cette pierre coupée, taillée, fissurée, sculptée et véritable muse de notre imagination. La mangrove, elle, entremêle ses racines où se réfugient les crabes des palétuviers qui se sauvent à notre passage. Le lieu lui aussi est magique et nous sommes sous le charme. Hienghène est vraiment une belle région non seulement par ses paysages mais aussi pour sa culture et les gens qui y habitent. Jean marie Tjibaou est un enfant du pays et en est une fierté, le retour sur Nouméa pour rendre la voiture nous permettra de visiter le fameux centre culturel qui porte son nom.









                                                                       






Dans un parc de 8 hectares, sur une presqu'île proche de Nouméa, se dresse le centre culturel Tjibaou. Son architecture est frappante d'esthétisme et de symbolisme, les dix « cases » élancées et de grandeurs variables qui le composent s'inscrivent dans un écrin végétal. De bois et de métal ces gigantesques bâtiments s'imposent par leur apparente légèreté. Chaque case porte un nom et abrite une exposition. Des sculptures sur bois, totems, film, installations, peintures et collages en passant par l'histoire de la création du site et la vie de Jean Marie Tjibaou notre visite fût enrichissante et plaisante.. Un sentier fait le tour du centre et nous permet de découvrir un véritable jardin botanique regroupant les essences et plantes endémiques. Bien fait « le chemin Kanak » est parsemé de plaques explicatives sur la plante, son utilité et son symbolisme culturel . Nous appréhendons l'importance de chaque végétaux dans la culture kanak autant sur le plan nourricier, curatif que sur le plan spirituel. De nombreuses œuvres artistiques s'éparpillent le long du parcours et rajoute à la beauté du lieu. Un peu plus loin, l'aire coutumière ( lieu de chefferie) abrite 3 cases, une de la région sud, une du nord et une des îles Loyauté. Elles sont toutes bien différentes mais avec comme point commun la beauté de la construction et un savoir faire ancestral. Nous sommes ravis de notre visite, informative mais aussi plaisante...L'art Kanak me touche, j'adore leur sculpture sur bois et ce peuple est passionnant et son expression artistique émouvante. Un seul regret la batterie de notre appareil photo ne finit pas la visite et nous prive de quelques clichés.

 






                                                             
N'ayant pu admirer les profondeurs des eaux de la mer de corail, nous décidons de visiter l'aquarium de Nouméa. Le lieu est bien fait..En commençant par la flore et la faune d'eau douce nous cheminons jusqu'au roi des mers le requin. Crabes, étoiles de mer, coraux multicolores, petits et gros poissons ainsi que tortues se donnent en spectacle. Les explications sont claires, nombreuses et les immenses aquariums impressionnent par leurs tailles et leurs habitants aux couleurs vives et variées. De vrais paysages aquatiques où roches, végétaux et vivants se confondent dans une beauté irréelle, pour la néophyte du monde de Némo que je suis !!. Décidément, la nouvelle Calédonie regorge de trésors terrestres et marins et honore sa réputation de petit paradis.











Mais notre périple ne se résume pas à des paysages enchanteurs et exceptionnels c'est aussi et avant tout des rencontres, des retrouvailles, une culture à part entière, un mode et une philosophie de vie fascinante et surtout des êtres humains de tous genres qui nous ont embelli notre voyage. Et toutes ses rencontres, ses échanges furtifs ou ces amitiés naissantes méritent bien un chapitre particulier pour tous ces moments partagés.
Une seule grande ville Nouméa, de nombreuses fermes et élevages sur la côte ouest, quelques bourgades et de nombreux villages représentant les tribus sont présents dans toute la grande île . Ces tribus possèdent leur terre, ont leur propre langue et s'organisent socialement autour d'un chef détenant un vrai pouvoir communal. La culture Kanak est principalement orale et le geste coutumier en est la base. Simple marque de respect entre l'invité et l'hôte pour remercier ou officialiser un acte. Offrande de tissus, aliment, tabac ou argent au chef de la communauté et surtout une parole donnée d'humilité, de remerciement ou de bienvenue de part et d'autre. Le faré est la maison traditionnelle construite en bois et paille. Les chambranles des portes sont sculptés et le village est toujours entouré d'un véritable jardin botanique où chaque essence a son utilité mais aussi sa place spirituelle. Symboles, rites et légendes s'articulent autour de ce que leur donne leur terre nourricière.
Kanak, caldoches ou visiteurs nous avons eu le plaisir de rencontrer de nombreuses personnes accueillantes et généreuses. Sur la route, un petit signe de main comme bonjour est habituel que ce soit pour une connaissance ou pour un inconnu. De nombreuses fois on nous invite à partager un verre, un peu de taro et surtout de nombreuses paroles.. Au camping de Poingam, nos voisins revenant de la pêche nous proposent du poisson.. Ailleurs ce sera une noix de coco... Bref nous parcourons la grande terre dans cette ambiance.
c'est aussi avec une grande joie que nous retrouvons Sara notre amie rencontrée au Laos. Elle attend son ami Max venant de wallis pour prendre son vélo en bambou et parcourir la grande terre. Nous les retrouvons à Farino, Poingam et Hienghène De bonnes soirées à rire et à manger nos petits plats camping et une amitié renforcée que nous espérons poursuivre en France quand le papillon Sara sera décidé à se poser sur une fleur de champs français. Bon vol belle amie et sache que le printemps est bien fleuri en Aveyron et encore merci pour ces instants précieux.
Notre premier campement sur une plage près de Boulouparis est lui aussi le lieu d'une rencontre. Une noix de coco offerte, une demande d'information sur les sites à ne pas manquer..et nous voici attablés à boire vin rouge et à déguster taro grillé et palourdes avec Bertrand et Pélagie nos voisins de tentes. Accompagnés d'une nièce et de leur 2 derniers enfants ce couple mixte (Bertrand caldoche et Pélagie Kanak) est très sympathique et nous passons l'après midi à discuter de la Nouvelle Calédonie à grand renfort de rire et de vin ... Ils nous donnent rendez vous pour déguster le Bougna (plat traditionnel) et nous faire découvrir l'igname et leur faré. L'invitation est bienvenue et nous passons deux agréables soirées chez eux à se régaler des délicieux plats de Pélagie aux quantités gargantuesques. Nous sommes accueillis comme des rois, mieux comme la famille. Vu l' heure tardive et le vin consommé nous dormons dans leur faré . Nous avons parlé, bu, mangé et ri jusqu'à plus soif et l’anecdote du « poulet qui ne veut pas cuire » est prétexte à rire et à taquinerie ...De bons moments !!! Un seul regret ne pas avoir pu les revoir avant notre départ, Denis se trouvant malade et très fatigué pendant 4 jours à Nouméa. Mais adresse et mail ont été échangés pour rester en contact avec ses nouveaux amis du bout du monde si généreux. Nous aimerions pouvoir les accueillir aussi intensément chez nous mais Bertrand ne peut, depuis une expérience terrible, remettre les pieds dans un avion et cela compromet donc fortement leur visite en France...alors à nous de revenir...Espoir !! Encore merci à tous les deux pour ces moments gravés dans notre cœur et à bientôt j'espère !!
C'est au camping de Hienghène que nous rencontrons Marc et Céline. Couple de français en visite professionnelle et de loisir sur l'île. Employés comme cadres, le monde du travail ne les a pas épargnés, ils se retrouvent sans boulot mais avec de grands désirs d'autre chose et de nouveau départ. La pluie ne cessant pas, nous partageons l'espace vital sec que nous octroie l'infrastructure du camping et passons notre temps à discuter, à échanger nos visions de la vie et du bonheur ainsi qu'à survivre au milieu de ce déluge. Nous nous retrouvons plus tard à l'auberge de jeunesse trinquant à cette rencontre et dégustant du saucisson de cerf. Avant leur départ pour Sydney nous échangeons adresse et mail. Promis, nous ne vous oublions pas et à notre retour une étape par Strasbourg s'imposera. Que le vent vous porte sous de meilleurs augures !!
Encore un grand merci à Jérôme de l'auberge de Nouméa pour son humour, sa joie de vivre et son attention ainsi qu'à tous ceux de Babou côté océan qui nous ont rendu le séjour plus agréable malgré la grisaille ambiante.
Terre magique d'échanges et de partages aux décors paradisiaques l'île nous enchante..mais bien sûr de nombreuses difficultés entachent cette carte postale : le prix de la vie, les inégalités sociales, la misère, l'alcoolisme et ses ravages sur les routes, la pollution dû, entre autre, à l'exploitation minière et certaines tensions inter ethniques toujours présentes . Il y a encore tellement de chose à faire ou à défaire !!! Mais c'est avec un sentiment d'espoir et d'optimiste que nous quitterons cette île. Nous voici sur la fin de notre séjour sur la grande terre et le temps semble vouloir s'améliorer, nous décidons de finir notre excursion par 5 jours sur l'île des pins dont la beauté nous a été de nombreuses fois vantée......mais ça c'est une autre histoire.










vendredi 7 novembre 2014

07/08 – 12/08 : Sydney Australie

Il est 7 h à Sydney, il bruine et le thermomètre affiche 9 degrés... Nous voici donc arrivés dans l'hémisphère Sud et sur le continent australien. Nous avons maintenant 8 heures de décalage ( en plus) avec la France et la fatigue, le froid ainsi que notre goût modéré pour les grandes villes ne nous incitent pas à l'enthousiasme. Notre première préoccupation est de rejoindre l'auberge de jeunesse que nous avons réservé. Et l'entreprise commence difficilement... Informé par leur site du prix du taxi nous n'hésitons pas pour les quelques dollars de plus nécessaires mais c'était sans compter sur notre heure d'arrivée et le trafic routier, le compteur tourne aussi dans les embouteillages... une vraie mégapole avec la « constipation » journalière aux heures de travail... et nous nous en sortirons pour plus du double prévu..Oups! Bienvenue dans les pays riches.
Devant la porte de la guesthouse nous ne rêvons que d'un bon lit bien chaud...Mais la grisaille nous poursuit, notre chambre n'est pas libre et le check- in n' est qu'à 13 h. ! Nous errons dans le quartier malheureusement le temps ne joue pas en notre faveur et nous finissons sous un chauffage d'appoint dans un café du coin. L'ambiance y est agréable et non stressée malgré l'affluence. Mais le manque de sommeil (toujours difficile de dormir dans les avions. pas assez de place!) nous ramène inexorablement à notre chambre et finalement à 11 h nous accédons enfin à l'objet de nos désirs. Le grand luxe : chambre privative avec salle de bain, 2 lits superposés et une petite pièce avec lavabo, cabine de douche et wc...ambiance internat.. et tous ça pour 50 dollars..nous avons à disposition une cuisine collective et internet gratuit..de bons atouts dans une ville comme Sydney. De plus nous sommes bien situés, centre ville proche des centres commerciaux et à environ 4 km de l'opéra et des quartiers touristiques, des lignes de bus sur le pas de porte et le train pas loin. Idéal pour nous qui projetons de faire des emplettes en matériel de camping en prévision de notre séjour en Nouvelle Calédonie. Mais pour l'instant j'ai besoin de me réchauffer et l'absence de radiateur me pousse jusqu'à la douche bien chaude. Nous émergeons des bras de Morphée 4 heures plus tard, sortant bien couverts pour visiter le quartier et faire des petites courses alimentaires dans la supérette du coin . Là il ne s'agit pas de trouver le meilleur mais le moins cher...un jeu auquel nous n'étions plus habitués. Pas habitués non plus à se voir interdire de fumer assis sur un banc en pleine ville ! Drôle de citée où les conducteurs respectent les feux rouges et les piétons leur temps imparti pour traverser. Pas de bousculade, pas de klaxon, pas de « joyeux bordel organisé », pas de chien errant et tous ça dans une bonne effervescence et une ambiance décontractée. Mais ce soir au menu soupe de nouille toutes prêtes..puis dodo... demain il fera jour !
Notre journée sera consacrée à nos achats. Repérage des boutiques concernées sur internet en matinée et action. La chance nous sourit, c'est la période des soldes et nous sommes proches des magasins. L' affaire sera vite réglée et nous voici équipés d'une tente, de deux matelas et de deux duvets de bonne qualité et pas trop chers. Le temps aussi est de la partie et le soleil s'en donne à cœur joie nous obligeant même à nous dévêtir. Les achats faits, nous sommes maintenant libre d'explorer la ville.
C'est un Sydney charmant, ensoleillé que nous découvrons. L'ambiance des dimanches qui prêtent à la flânerie en famille ou en amoureux et l'harmonie des grattes ciels et immeubles anciens lui donne un parfum particulier. De grandes et superbes églises, de vieux immeubles transformés en centres commerciaux ainsi que d'anciens hôtels trouvent miraculeusement leur place dans cette jungle de tours transparentes.
Et puis il y a la mer...et la star de Sydney: l'opéra. Le lieu est beau et l'architecture du bâtiment est surprenante et esthétique. La foule se pressent à ses pieds mais le site est grand et aucune sensation d'étouffement. Au contraire, donnant sur le port ( harbour Bridge) l' œuvre de Jorn Utzon en est magnifiée et son écrin renforce la sensation de légèreté et d'aérien qui se libère de ses murs. Les allers et venues des bateaux et le vols des mouettes nous font oublier que nous sommes dans une mégapole. La silhouette du pont s'élance majestueusement au dessus du bleu de la mer et du ciel. Le temps est au beau fixe, nous profitons des parcs pour les pauses et y admirons l'ibis, oiseau symbole de l'Australie ainsi que le jeu espiègle des mouettes. Nous longeons la mer jusqu'à Darling harbour en passant par le quartier des Rocks où de beaux bâtiments industriels et demeures témoignent des premiers temps de Sydney. Là où maintenant beaux magasins et galeries ont pris place se dressaient autrefois les habitations et les usines des premiers migrants. En s'enfonçant un peu plus loin dans le quartier, nous y retrouvons le charme d'antan où le linge sèche au balcon, où les fleurs s'épanouissent dans leur pots, où quelques carreaux cassés s'imprègnent du temps qui passe et où la vie semble simplement avoir repris ses droits. Quelques banderoles aux fenêtres nous indiquent que les habitants se sont mis en résistance pour garder ce lieu de vie. Sûrement pas assez propre et luxueux à quelques pas des proches rues marchandes !

Dans le centre, le Queen Victoria building en impose avec ses toits en coupoles de cuivre. Ce gigantesque bâtiment abrite maintenant des galeries marchandes. Charpente métalliques, verrières, escaliers à l'ancienne, vitraux et horloge kitsch décorent l'ensemble. De trois niveaux supérieurs mais aussi de deux niveaux souterrains c'est une vraie caverne d'Ali Baba et plus nous descendons plus les boutiques proposent des marchandises à bas prix. Le dernier niveau est consacré entièrement aux stands de restauration rapide. On n'y trouve de tout..cuisine chinoise, indienne, japonaise, végétarienne, maghrébine, fast food, sandwicherie etc.. Aujourd'hui nous mangeons indien, ça nous change des hamburgers et des pizzas et cela ne reviens pas plus cher. La ville a su nous charmer et nos quatre jours nous ont réconcilié avec les big citées .. Revenir.. pourquoi pas... mais la vie y est chère et leur anglais difficile à comprendre pour nous petits frenchy. Sydney reste une agréable étape mais nous devons maintenant penser à l'île de rêve qui nous attend et surtout réussir à rentrer tous nos bagages dans les sacs. Demain embarquement à 13 h pour deux heures de vol vers Nouméa..mais ça c'est une autre histoire.      



















29/07 – 07/08 : Ubon Ratchatani et Bangkok Thaïlande « La fin d'un voyage »

Ce matin nous attendons patiemment sur notre terrasse que le bateau vienne nous chercher. Les sacs sont faits et nous profitons des derniers instants sur l'île de Don Det. Un dernier regard à notre Titine, des remerciements et accolades à Lutz et à sa femme et nous embarquons sur la grande barque qui nous ramène sur le continent. Le fleuve est toujours aussi beau et puissant, nous lui faisons nos adieux puisque c'est la dernière fois que nous naviguons sur le Mékong. Il nous a enchanté tout au long de notre chemin - Cambodge, Vietnam et Laos - par la beauté de ses paysages et l'humanité qui en vit . De grands souvenirs dans les valises et une seule envie : revenir. En espérant que les menaces écologiques qui pèsent sur ce grand fleuve ne détruisent pas ce trésor naturel dont les populations ont tant besoin pour survivre.
Arrivés au village, nous prenons un mini bus pour Paksé où nous continuons notre voyage en bus jusqu'à Ubon Ratchatani en Thaïlande. Avant le passage de frontière nous écoulons nos derniers kips et téléphonons à notre fiston pour épuiser nos dernières cartouches laotiennes.
Ubon Ratchatani est une capitale de la région de l'Isan mais plus paisible et moins chère que Bangkok. Nous resterons donc 5 jours à visiter la bourgade avec sa place de stands de restauration où nous dégustons de nouveau avec joie des Pat thai, son petit marché du soir, ses temples et sa démonstrative fontaine. Une petite vie tranquille à apprécier le sourire des thaïlandais, à faire des emplettes et des colis. Les habitants sont très agréables et même les policiers s'arrêtent pour se faire prendre en photo avec nous !!




Le 04 août Bangkok nous accueille avec une chaleur étouffante. Bruits, circulation et sourires sont toujours présents. En confirmant notre vol pour Sydney nous apprenons le changement de date..nous partirons un jour plus tard le 07. Un peu de temps pour faire quelques achats d'épices, envoyer un autre colis et faire le bilan de nos six mois en Asie du sud est.
A cet instant nous souhaitons simplement que nos six prochains mois de voyage se passent aussi bien. Nous avons rencontré des gens extraordinaires de gentillesse, de générosité et d'énergie..nous avons vu des paysages magnifiques, surprenants et féeriques... nous avons mangé des plats étranges, épicés et savoureux. Mais nous sommes aussi témoin de la corruption, la violence, la misère...la pollution, l’intérêt économique et le fracas de la mondialisation...
L' asie du sud est reste un joli terrain de voyage, aisé où la vie est peu chère et le globe trotter ravit.
Les gens y sont accueillants,curieux et l'exotisme du paysage, du climat, des cultures et de la cuisine est là !
6 mois de voyage à utiliser toutes sortes de moyen de transport : moto, scooter, tuk-tuk, taxi, minibus, bus, moto taxi,train, bateau, ferry, bac, barque...et à pieds bien sûr !!
6 mois à dormir dans différents lieux aux ambiances multiples : plage, bord de fleuve, forêt, ville, nationale, parc naturel, hôtel sordide, pension, luxe ou dénuement.
6 mois à savourer d' incroyables curry, à déguster nouilles de riz, légumes, herbes aux exquises saveurs, fruits divins ainsi que aliments étranges et quelques insectes ( en tous cas pour Lucas et Denis)...
6 mois à s'émerveiller de tout, à essayer de comprendre ou de se faire comprendre, à découvrir d'autres mondes et d'autres visions du monde, à rencontrer l'autre dans son quotidien.
Un seul regret ne pas avoir plus de temps pour ces quatre pays visités...Une frustration qui nourrit notre envie de retour sur ce continent. Il y a tellement d'endroits que nous voulions voir et tellement d'autres que nous voulons découvrir.
Le nord de la Thaïlande et la région de l'Isan restent des futurs projets de voyage mais le sourire et la gentillesse des thaïlandais sont, eux, gravés dans notre mémoire. Nous n'avons qu'effleurer l'âme de ce grand pays et nous y reviendrons !















Ce sont aussi les rizières du Cambodge qui guideront mes pas. Pays visité en saison sèche nous aimerions découvrir ces champs de terre et poussière transformés en un océan de vert. Ce peuple est beau et le pays, bien plus pauvre que sa voisine, à un air de campagne. Phon Phen la capitale étant une identité à part, une bulle irréelle sur ce territoire. Les cambodgiens pansent encore leurs plaies infligées par une longue Histoire douloureuse mais ont une vision heureuse de leur existence. L'accueil est chaleureux et les enfants magnifiques et souriants... Nous pensons au projet les plus fous pour y revenir … voyage en tuk tuk (nous n'avions pas encore essayer titine) ...sûrement un vieux rêve de Denis : être conducteur de Tuk Tuk. Un seul bémol le Cambodge remporte la palme du pays le plus sale. Les poubelles, ici, ils ne connaissent pas..On balaye devant sa porte et on jette sur le bas côté de la route ou dans l'eau tous les déchets. Un gros problème écologique et aussi esthétique. On pourrait se croire un instant au Maroc avec ces sacs plastiques accrochés aux branches !! Et malheureusement les gros panneaux publicitaires sur le geste « poubelle » semblent ne pas avoir d'impact sur les habitudes. Mais malgré tout..une culture et un pays envoûtant !















L'agitation, le bruit et le manque d'intimité peuvent caractériser le Vietnam dont nous sommes aussi tombés amoureux. La diversité des paysages, des peuples et des cultures donne la couleur du pays. Montagne et mer, minéral et végétal, citadin et paysan le pays a de multiples facettes et de quoi nous ravir. Mes plus beaux souvenirs de paysages pour l'instant et de belles rencontres improbables. Notre trajet en moto est une de nos meilleures expériences et nous donne encore plus d'envie de liberté...














Grâce à Titine nous avons pu explorer la région du nord Laos, pas toujours accessible en moyen de transport en commun.Et après deux mois et demi dans la turbulente Vietnam nous avons apprécier le calme, serein et sauvage Laos. Là aussi de superbes rencontres et de superbes paysages. Un mode de vie plus décontracté et une vision bien plus spirituelle . Là aussi des promesses de retour et des lieux laissés aux placards des regrets qui ne sont qu'invitation au voyage. Là aussi des spécialités culinaires mémorables et quelques kilos en plus.












Nous partons avec des souvenirs plein le cœur, des projets pleins la tête et plus de 3000 photos dans nos valises en direction de Sydney ce jeudi 07 août. Il fait un 38 degrés à Bangkok , l'air est lourd et orageux. Sydney vit la fin de l’hiver et les températures prévues avoisine les 15 degrés....La transition semble pas facile mais une soif de nouvelles découvertes et d'autre ailleurs nous pousse comme un bon mistral vers le continent australien... mais ça c'est une autre histoire.