vendredi 7 novembre 2014

07/08 – 12/08 : Sydney Australie

Il est 7 h à Sydney, il bruine et le thermomètre affiche 9 degrés... Nous voici donc arrivés dans l'hémisphère Sud et sur le continent australien. Nous avons maintenant 8 heures de décalage ( en plus) avec la France et la fatigue, le froid ainsi que notre goût modéré pour les grandes villes ne nous incitent pas à l'enthousiasme. Notre première préoccupation est de rejoindre l'auberge de jeunesse que nous avons réservé. Et l'entreprise commence difficilement... Informé par leur site du prix du taxi nous n'hésitons pas pour les quelques dollars de plus nécessaires mais c'était sans compter sur notre heure d'arrivée et le trafic routier, le compteur tourne aussi dans les embouteillages... une vraie mégapole avec la « constipation » journalière aux heures de travail... et nous nous en sortirons pour plus du double prévu..Oups! Bienvenue dans les pays riches.
Devant la porte de la guesthouse nous ne rêvons que d'un bon lit bien chaud...Mais la grisaille nous poursuit, notre chambre n'est pas libre et le check- in n' est qu'à 13 h. ! Nous errons dans le quartier malheureusement le temps ne joue pas en notre faveur et nous finissons sous un chauffage d'appoint dans un café du coin. L'ambiance y est agréable et non stressée malgré l'affluence. Mais le manque de sommeil (toujours difficile de dormir dans les avions. pas assez de place!) nous ramène inexorablement à notre chambre et finalement à 11 h nous accédons enfin à l'objet de nos désirs. Le grand luxe : chambre privative avec salle de bain, 2 lits superposés et une petite pièce avec lavabo, cabine de douche et wc...ambiance internat.. et tous ça pour 50 dollars..nous avons à disposition une cuisine collective et internet gratuit..de bons atouts dans une ville comme Sydney. De plus nous sommes bien situés, centre ville proche des centres commerciaux et à environ 4 km de l'opéra et des quartiers touristiques, des lignes de bus sur le pas de porte et le train pas loin. Idéal pour nous qui projetons de faire des emplettes en matériel de camping en prévision de notre séjour en Nouvelle Calédonie. Mais pour l'instant j'ai besoin de me réchauffer et l'absence de radiateur me pousse jusqu'à la douche bien chaude. Nous émergeons des bras de Morphée 4 heures plus tard, sortant bien couverts pour visiter le quartier et faire des petites courses alimentaires dans la supérette du coin . Là il ne s'agit pas de trouver le meilleur mais le moins cher...un jeu auquel nous n'étions plus habitués. Pas habitués non plus à se voir interdire de fumer assis sur un banc en pleine ville ! Drôle de citée où les conducteurs respectent les feux rouges et les piétons leur temps imparti pour traverser. Pas de bousculade, pas de klaxon, pas de « joyeux bordel organisé », pas de chien errant et tous ça dans une bonne effervescence et une ambiance décontractée. Mais ce soir au menu soupe de nouille toutes prêtes..puis dodo... demain il fera jour !
Notre journée sera consacrée à nos achats. Repérage des boutiques concernées sur internet en matinée et action. La chance nous sourit, c'est la période des soldes et nous sommes proches des magasins. L' affaire sera vite réglée et nous voici équipés d'une tente, de deux matelas et de deux duvets de bonne qualité et pas trop chers. Le temps aussi est de la partie et le soleil s'en donne à cœur joie nous obligeant même à nous dévêtir. Les achats faits, nous sommes maintenant libre d'explorer la ville.
C'est un Sydney charmant, ensoleillé que nous découvrons. L'ambiance des dimanches qui prêtent à la flânerie en famille ou en amoureux et l'harmonie des grattes ciels et immeubles anciens lui donne un parfum particulier. De grandes et superbes églises, de vieux immeubles transformés en centres commerciaux ainsi que d'anciens hôtels trouvent miraculeusement leur place dans cette jungle de tours transparentes.
Et puis il y a la mer...et la star de Sydney: l'opéra. Le lieu est beau et l'architecture du bâtiment est surprenante et esthétique. La foule se pressent à ses pieds mais le site est grand et aucune sensation d'étouffement. Au contraire, donnant sur le port ( harbour Bridge) l' œuvre de Jorn Utzon en est magnifiée et son écrin renforce la sensation de légèreté et d'aérien qui se libère de ses murs. Les allers et venues des bateaux et le vols des mouettes nous font oublier que nous sommes dans une mégapole. La silhouette du pont s'élance majestueusement au dessus du bleu de la mer et du ciel. Le temps est au beau fixe, nous profitons des parcs pour les pauses et y admirons l'ibis, oiseau symbole de l'Australie ainsi que le jeu espiègle des mouettes. Nous longeons la mer jusqu'à Darling harbour en passant par le quartier des Rocks où de beaux bâtiments industriels et demeures témoignent des premiers temps de Sydney. Là où maintenant beaux magasins et galeries ont pris place se dressaient autrefois les habitations et les usines des premiers migrants. En s'enfonçant un peu plus loin dans le quartier, nous y retrouvons le charme d'antan où le linge sèche au balcon, où les fleurs s'épanouissent dans leur pots, où quelques carreaux cassés s'imprègnent du temps qui passe et où la vie semble simplement avoir repris ses droits. Quelques banderoles aux fenêtres nous indiquent que les habitants se sont mis en résistance pour garder ce lieu de vie. Sûrement pas assez propre et luxueux à quelques pas des proches rues marchandes !

Dans le centre, le Queen Victoria building en impose avec ses toits en coupoles de cuivre. Ce gigantesque bâtiment abrite maintenant des galeries marchandes. Charpente métalliques, verrières, escaliers à l'ancienne, vitraux et horloge kitsch décorent l'ensemble. De trois niveaux supérieurs mais aussi de deux niveaux souterrains c'est une vraie caverne d'Ali Baba et plus nous descendons plus les boutiques proposent des marchandises à bas prix. Le dernier niveau est consacré entièrement aux stands de restauration rapide. On n'y trouve de tout..cuisine chinoise, indienne, japonaise, végétarienne, maghrébine, fast food, sandwicherie etc.. Aujourd'hui nous mangeons indien, ça nous change des hamburgers et des pizzas et cela ne reviens pas plus cher. La ville a su nous charmer et nos quatre jours nous ont réconcilié avec les big citées .. Revenir.. pourquoi pas... mais la vie y est chère et leur anglais difficile à comprendre pour nous petits frenchy. Sydney reste une agréable étape mais nous devons maintenant penser à l'île de rêve qui nous attend et surtout réussir à rentrer tous nos bagages dans les sacs. Demain embarquement à 13 h pour deux heures de vol vers Nouméa..mais ça c'est une autre histoire.      



















29/07 – 07/08 : Ubon Ratchatani et Bangkok Thaïlande « La fin d'un voyage »

Ce matin nous attendons patiemment sur notre terrasse que le bateau vienne nous chercher. Les sacs sont faits et nous profitons des derniers instants sur l'île de Don Det. Un dernier regard à notre Titine, des remerciements et accolades à Lutz et à sa femme et nous embarquons sur la grande barque qui nous ramène sur le continent. Le fleuve est toujours aussi beau et puissant, nous lui faisons nos adieux puisque c'est la dernière fois que nous naviguons sur le Mékong. Il nous a enchanté tout au long de notre chemin - Cambodge, Vietnam et Laos - par la beauté de ses paysages et l'humanité qui en vit . De grands souvenirs dans les valises et une seule envie : revenir. En espérant que les menaces écologiques qui pèsent sur ce grand fleuve ne détruisent pas ce trésor naturel dont les populations ont tant besoin pour survivre.
Arrivés au village, nous prenons un mini bus pour Paksé où nous continuons notre voyage en bus jusqu'à Ubon Ratchatani en Thaïlande. Avant le passage de frontière nous écoulons nos derniers kips et téléphonons à notre fiston pour épuiser nos dernières cartouches laotiennes.
Ubon Ratchatani est une capitale de la région de l'Isan mais plus paisible et moins chère que Bangkok. Nous resterons donc 5 jours à visiter la bourgade avec sa place de stands de restauration où nous dégustons de nouveau avec joie des Pat thai, son petit marché du soir, ses temples et sa démonstrative fontaine. Une petite vie tranquille à apprécier le sourire des thaïlandais, à faire des emplettes et des colis. Les habitants sont très agréables et même les policiers s'arrêtent pour se faire prendre en photo avec nous !!




Le 04 août Bangkok nous accueille avec une chaleur étouffante. Bruits, circulation et sourires sont toujours présents. En confirmant notre vol pour Sydney nous apprenons le changement de date..nous partirons un jour plus tard le 07. Un peu de temps pour faire quelques achats d'épices, envoyer un autre colis et faire le bilan de nos six mois en Asie du sud est.
A cet instant nous souhaitons simplement que nos six prochains mois de voyage se passent aussi bien. Nous avons rencontré des gens extraordinaires de gentillesse, de générosité et d'énergie..nous avons vu des paysages magnifiques, surprenants et féeriques... nous avons mangé des plats étranges, épicés et savoureux. Mais nous sommes aussi témoin de la corruption, la violence, la misère...la pollution, l’intérêt économique et le fracas de la mondialisation...
L' asie du sud est reste un joli terrain de voyage, aisé où la vie est peu chère et le globe trotter ravit.
Les gens y sont accueillants,curieux et l'exotisme du paysage, du climat, des cultures et de la cuisine est là !
6 mois de voyage à utiliser toutes sortes de moyen de transport : moto, scooter, tuk-tuk, taxi, minibus, bus, moto taxi,train, bateau, ferry, bac, barque...et à pieds bien sûr !!
6 mois à dormir dans différents lieux aux ambiances multiples : plage, bord de fleuve, forêt, ville, nationale, parc naturel, hôtel sordide, pension, luxe ou dénuement.
6 mois à savourer d' incroyables curry, à déguster nouilles de riz, légumes, herbes aux exquises saveurs, fruits divins ainsi que aliments étranges et quelques insectes ( en tous cas pour Lucas et Denis)...
6 mois à s'émerveiller de tout, à essayer de comprendre ou de se faire comprendre, à découvrir d'autres mondes et d'autres visions du monde, à rencontrer l'autre dans son quotidien.
Un seul regret ne pas avoir plus de temps pour ces quatre pays visités...Une frustration qui nourrit notre envie de retour sur ce continent. Il y a tellement d'endroits que nous voulions voir et tellement d'autres que nous voulons découvrir.
Le nord de la Thaïlande et la région de l'Isan restent des futurs projets de voyage mais le sourire et la gentillesse des thaïlandais sont, eux, gravés dans notre mémoire. Nous n'avons qu'effleurer l'âme de ce grand pays et nous y reviendrons !















Ce sont aussi les rizières du Cambodge qui guideront mes pas. Pays visité en saison sèche nous aimerions découvrir ces champs de terre et poussière transformés en un océan de vert. Ce peuple est beau et le pays, bien plus pauvre que sa voisine, à un air de campagne. Phon Phen la capitale étant une identité à part, une bulle irréelle sur ce territoire. Les cambodgiens pansent encore leurs plaies infligées par une longue Histoire douloureuse mais ont une vision heureuse de leur existence. L'accueil est chaleureux et les enfants magnifiques et souriants... Nous pensons au projet les plus fous pour y revenir … voyage en tuk tuk (nous n'avions pas encore essayer titine) ...sûrement un vieux rêve de Denis : être conducteur de Tuk Tuk. Un seul bémol le Cambodge remporte la palme du pays le plus sale. Les poubelles, ici, ils ne connaissent pas..On balaye devant sa porte et on jette sur le bas côté de la route ou dans l'eau tous les déchets. Un gros problème écologique et aussi esthétique. On pourrait se croire un instant au Maroc avec ces sacs plastiques accrochés aux branches !! Et malheureusement les gros panneaux publicitaires sur le geste « poubelle » semblent ne pas avoir d'impact sur les habitudes. Mais malgré tout..une culture et un pays envoûtant !















L'agitation, le bruit et le manque d'intimité peuvent caractériser le Vietnam dont nous sommes aussi tombés amoureux. La diversité des paysages, des peuples et des cultures donne la couleur du pays. Montagne et mer, minéral et végétal, citadin et paysan le pays a de multiples facettes et de quoi nous ravir. Mes plus beaux souvenirs de paysages pour l'instant et de belles rencontres improbables. Notre trajet en moto est une de nos meilleures expériences et nous donne encore plus d'envie de liberté...














Grâce à Titine nous avons pu explorer la région du nord Laos, pas toujours accessible en moyen de transport en commun.Et après deux mois et demi dans la turbulente Vietnam nous avons apprécier le calme, serein et sauvage Laos. Là aussi de superbes rencontres et de superbes paysages. Un mode de vie plus décontracté et une vision bien plus spirituelle . Là aussi des promesses de retour et des lieux laissés aux placards des regrets qui ne sont qu'invitation au voyage. Là aussi des spécialités culinaires mémorables et quelques kilos en plus.












Nous partons avec des souvenirs plein le cœur, des projets pleins la tête et plus de 3000 photos dans nos valises en direction de Sydney ce jeudi 07 août. Il fait un 38 degrés à Bangkok , l'air est lourd et orageux. Sydney vit la fin de l’hiver et les températures prévues avoisine les 15 degrés....La transition semble pas facile mais une soif de nouvelles découvertes et d'autre ailleurs nous pousse comme un bon mistral vers le continent australien... mais ça c'est une autre histoire.

jeudi 6 novembre 2014

21/07 – 29/07 : L'île de Don Det Laos

C' est vers un petit paradis de calme et de sérénité que nous partons ce matin. 140 km nous séparent de Don Det, île du Mékong et destination du jour.
Pas de surprise sur la nationale 13 à part la pluie mais nous sommes maintenant habitués à jouer avec les averses et le plan « premières gouttes » est désormais bien rodé. Nous arrivons au village de Ban Nakasang où nous prendrons le bateau pour rejoindre ce bout de terre au milieu du fleuve. Notre bac se résume à deux barques parallèles reliées par quelques planches et dirigées par deux enfants. La traversée dure une vingtaine de minutes avant de poser le premier pneu de Titine sur la terre de Don Det. Le fleuve est déjà haut et le courant charrie des eaux boueuses et divers débris végétaux, les pluies journalières ont laissé des traces et les chemins sont impraticables, étroits et pleins d'ornières. Une entreprise difficile que de traverser l'île du nord au sud à la recherche du bungalow rêvé à deux passagers et avec 30 kg de bagages à l'arrière sans quelques glissades et éclaboussures de boue. Une dernière épreuve pour Titine... et c'est tout crottés que nous arrivons à « Mama Leuah »
L'endroit semble parfait. Petit bungalow avec terrasse dotée de deux hamac donnant sur les berges d'un des nombreux bras du Mékong et où sous nos fenêtres paissent tranquillement les buffles tandis que le tout petit chemin de terre de derrière sert de voie de circulation principale. Autant dire la sérénité et nous nous félicitons d'avoir fui le nord de l'île, plus propice à la fête, et savons déjà que Don Det sera notre dernière étape au Laos, le lieu donnant bien envie de s'attarder. C'est la basse saison, la fréquentation touristique est faible, l'endroit en est encore plus paisible et authentique. Beaucoup de restaurants (pour touriste) et de bungalow sont fermés. Notre pension, elle, a un petit restaurant tenu par la fille de la famille et son mari allemand . Lutz nous a chaleureusement accueilli et sa femme fait superbement à manger, en grande quantité et pour pas trop cher. Une vraie amitié est née et nous discutons longtemps du pays et de bien autre chose entre 2 bières Lao et les bons petits plats mijotés par madame. Les bungalows se remplissent et les voyageurs de toutes nationalités se retrouvent à table échangeant impressions et informations. On refait le monde à l'image de son voyage racontant souvenirs et expériences et projetant déjà ceux dont on rêve dans un futur prochain. Nous rencontrons un jeune couple très sympathique de français sur la fin de leur voyage en Asie. Parties de cartes et grandes discussions occupent nos soirées et nous trinquons au « Lao Lao » (alcool de riz) à la première nomination en tant que professeur d'un autre jeune français logeant ici... Une vie sociale comme à la maison avec les potes chaleur et humidité en plus. La vie s'écoule tranquillement tandis que le fleuve, lui, monte et court vers le Cambodge !
Nous profitons pleinement du plan «  regarder la pluie tomber » allongés dans nos hamac et admirons ainsi toute cette vie fluviale qui s'articule autour d'un si grand cour d'eau. La barque au moteur bruyant est le moyen le plus commun de circuler ici et avec le niveau du Mékong, actuellement haut, les bateliers empruntent des canaux plus proches et le bruit des moteurs rivalise comme réveil matin avec le chant des coqs qui vagabondent sur le terrain. Mais rien de grave et qui ne nous empêche nullement de paresser … enfin paresser pas exactement..Denis lit tandis que moi j'essaye de rattraper le retard du blog..Ici même internet est un paradis et fonctionne.
Enfin ne pas bouger, ne pas refaire son sac !...Seulement vagabonder dans l'île à travers ses petits chemins bordés de rizières , ses berges à la végétation exotique, ses maisons de couleur sur pilotis et admirer la puissance du fleuve qui l'entoure. Le décor est beau et les habitants accueillants. Nos promenades entre deux averses nous amènent aux chutes de Li Phi sur l'île voisine de Don Khon. Nous longeons le Mékong et traversons le pont qui relie les deux îles, le chemin nous amène ensuite au temple et nous poursuivons à travers champs entre les buffles et les rizières jusqu'au site. Le bruit de l'eau nous avertit en premier que nous sommes arrivés. A perte de vue l'eau déferle , submergeant les îlots et les arbres présents. En pleine saison des pluies le Mékong peut atteindre 14 km de largeur, recouvrant ainsi toutes parcelles de terre. Le spectacle est impressionnant et ce fleuve que nous avions déjà vu à quelques kilomètres de là, à Stung Treng (cambodge) au mois de mars a bien changé. Sa puissance et son courant ne nous laisse pas le loisir de nous baigner ou de faire du kayak, le danger est bien signalé mais d' instinct nous nous abstenons.
Le séjour est agréable et nous prenons pleinement possession de notre terrasse ne bougeant que pour aller manger ou acheter au village quelques petites gourmandises. ça fait du bien de se laisser bercer par la musique de la pluie et le bruit du fleuve à simplement sentir le temps passé.. . Mais il passe trop vite et nous devons passer la frontière le 29 juillet. Titine ne pourra pas faire partie du voyage, il est impossible de passer en Thaïlande avec une moto étrangère et nous devons nous en séparer.
Lutz est intéressé mais faisant construire un nouveau restaurant plus grand, il n'a pas les finances. Notre monture nous a amené jusqu'à nos rêves les plus fous et elle est bien fatiguée après les 5000 km parcourus en Asie. Nous la troquons donc contre notre ardoise au restaurant (environ 150 dollars) à Lutz. Notre Titine va s'offrir une seconde vie au Laos... et peut être en tant que tuk tuk !!!
C'est le cœur gros que nous quittons Don Det...le lieu et ses habitants resteront dans notre mémoire avec une seule envie : revenir. Nous échangeons nos adresses mail respectives et espérons nous revoir bientôt. Nous avons l'impression d'une fin de voyage, il nous reste moins de 10 jours avant de quitter définitivement ce continent pour d'autres ailleurs. Et même si ce n'est qu'une première étape de notre périple qui se termine, un petit goût de nostalgie s'installe quand même. Demain nous reprenons nos sac à dos et partons pour Ubon Ratchatani en Thaïlande... mais ça c'est une autre histoire.



















16/07 – 21/07 : Tha Khaek – Paksé Laos

Comme vous vous en êtes rendu compte, j'ai 3 mois de retard sur mon blog. Actuellement nous sommes au Pérou et je vous parle seulement du Laos mais il difficile de vivre son voyage et de trouver le temps d'écrire et de le publier. J'en suis désolée, les nouvelles ne sont pas fraîches mais véridiques...Il y a tellement de choses à voir, à écouter, à découvrir, à admirer et à comprendre. Voyager implique une constante remise en question de ce que nous faisons par habitude ou par routine et ce chamboulement perpétuel permet de nous rendre compte que nous sommes bien vivants !! Casser les chaînes invisibles du quotidien et marcher de nouveau dans le doute et l'inconnu avec des yeux d'enfants émerveillés... ça fait du bien ! Malgré ces trois mois de retard, nous prenons un certain plaisir à nous remémorés les événements...les photos aident bien et le guide me permet de ne pas oublier les noms même s'il est lourd à porter ( c'est ma pénitence pour ce retard!). Bref j'espère que vous me tiendrez pas rigueur de ce décalage mais les fuseaux horaires sont tellement taquins quand on a le vent en poupe..!


















Il nous faut reprendre la route en sens inverse pour retrouver la nationale 13 et poursuivre jusqu'à Tha Khaek. Pas de problème nous serons enchantés de reprendre ce merveilleux chemin mais un souci : Titine recommence à cliqueter et les bonnes montées prévues et connues nous inquiètent un peu. Mais c'était sans compter sur notre robuste monture qui finalement grimpe les dénivelés et nous amène tranquillement jusqu'à la grande route. Dés cet instant nous longeons le Mékong sur une centaine de kilomètres et arrivons à notre destination finale.
Située au bord du mythique fleuve qui sert aussi de frontière avec la Thaïlande, la ville est en plein essor et est devenue la base idéale pour les voyageurs désireux d'explorer les parc nationaux des alentours. Le programme est alléchant : grottes, cascades, fleuves enchanteurs et petits villages typiques.. Mais c'était sans compter sur la pluie, le temps imparti sur le pays et de notre fatigue et envie de se poser quelque part plus de 2 jours. Ce soir là dans notre chambre, un peu minable, nous faisons un conseil de voyage. Il faut malheureusement prendre des décisions, l'expiration de notre visa est pour la fin du mois, le temps reste bloquer sur précipitations, Titine est de nouveau mal en point et il nous reste 500 km à parcourir jusqu'à la région des milles îles. La décision ne se fait pas trop attendre... Une seule envie : regarder la pluie tomber... et le Mékong s'écouler allongés confortablement dans nos hamacs sur l'une des îles du fleuve. Il nous faut donc renoncer aux beautés de cette région du centre et à la visite du plateau des Bolovens. Demain nous reprendrons donc notre route direction plein sud et roulerons un maximum de temps vers Paksé (à 360km de là).
Tha Khaek sera donc qu'une ville étape que nous avons très peu explorée mais dont nous gardons un bon souvenir culinaire. Après des allers et retour dans la citée nous nous attablons au « Sweet Home » restaurant fréquenté que par des locaux. L'activité y est intense et nous avons droit à une carte en anglais. Les plats y sont copieux, très bons et pas chers... et nous regrettons de ne pouvoir goûter à tous ces mets préparés dans un petit panier de bambou. Mais notre faim a des limites et la gourmandise de Denis aussi … D'ailleurs il se rappellera longtemps avec délice de sa gigantesque soupe aux crevettes !
Ce matin, l'objectif de la journée est d'avancer vers le sud le plus longtemps possible. Nous savons que des guesthouses ou motels jalonnent la nationale 13 et trouver une chambre pour la nuit ne posera donc pas de problème. Après le chargement, un petit déjeuner s'impose. Au coin de l'avenue une jeune vendeuse attend devant son étal les éventuels clients et ... ça sent bon. La chance est avec nous, ses beignets à la banane seront parfaits...et ils l'étaient ! Tellement qu' après les avoir dégustés avec notre rituel café , nous nous précipitons pour en faire la provision pour le voyage. La jeune femme sourit de notre gourmandise et du regard d'envie de Denis devant ses divins beignets !
Tout se passe bien les 60 premiers kilomètres, la route est plate, droite et sans difficulté particulière. Titine avance malgré le retour d'un cliquetis de mauvaise augure et nous sommes contents de notre allure. Mais soudain notre moto se met à tousser comme une vieille asthmatique ( et je sais de quoi je parle!) et a diminué de vitesse. Malgré une pause et quelques bricolages Titine ne veut rien savoir, elle est à bout de souffle. Jamais elle ne pourra faire les 500 derniers kilomètres prévus. Un garagiste s'impose d'urgence . Mais nos deux premiers essais se révèlent infructueux, les mécanos semblent dépourvus devant une moto vietnamienne et ne veulent même pas y jeter un coup d' œil. Quelques kilomètres plus loin nous en trouvons un, vietnamien , à qui notre Titine ne fait pas peur. Au contraire, Denis désirait simplement refaire le réglage moteur et continuer les 30 bornes qui nous séparent de la ville de Savannakhet, l'homme lui désosse en un tour de main notre monture et nous expose l'état des culbuteurs . Il faut se rendre à l'évidence, un simple réglage ne suffira pas, les pièces refaites à Luang Prabang sont déjà hors d'usage.Notre mécano nous assure qu'il peut trouver les pièces défectueuses et les changer. L'opération nous coûtera 70 euros et peut être réalisée en une heure. Nous sommes septiques quand à la durée et multiplions le temps d'attente par trois au minimum mais nous n'avons pas le choix , le moteur gît sur le sol de l'atelier et il n' y a rien d'autre autour. Simplement une coiffeuse, quelques étals de fruits et légumes, un restaurant et une station service ultra moderne bordent la route 13 à cet endroit.
Il est midi et nous attendons donc patiemment le retour de «  notre sauveur » assis sur des petits tabourets en plastique, grignotant nos beignets et faisant connaissance avec sa femme,ses enfants, son apprenti et le voisinage.. Ayant du temps devant nous Denis en profite pour se faire raccourcir sérieusement la barbe...La coiffeuse est amusée ..Comme quoi il y a toujours du bien même là où on le l'attend pas....Enfin ! il s'est accordé le temps de s'alléger de quelques centimètres de barbe blanche qui poussent dans tous les sens. Mon nounours est redevenu mon chevalier servant !!!
Le spectacle d'une forte averse de pluie de mousson nous occupe un moment. Un bruit puissant couvrant tout autres sons et une quantité impressionnante d'eau tombant littéralement du ciel..Un vrai déluge... rigoles et immenses flaques fleurissent un peu partout. Rajoutez une bonne dose de terre et vous obtenez une bonne « gadoue » bien collante. La coiffeuse munie d'un piochon essaye d'évacuer l'eau de devant son stand de tôle. Agité sur son tabouret, Denis décide de reprendre du service plutôt que de regarder les heures s' écoulées et fait une séance pioche pelle qui sera, d'ailleurs, très efficace.
Mais le temps passe, toujours pas de nouvelle et malgré nos maigres occupations l'attente devient pénible... Finalement ce n'est qu'à 18 h qu'il revient... sans pièce neuve mais avec les anciennes une fois de plus bricolées et disparaît aussi vite chercher de la pâte à joint moteur . Une heure plus tard l'épreuve remontage de moteur a commencé. Tout se passe bien mais Titine ne veut pas démarrée. On revoit les réglages mais Titine ne veut rien savoir...Il est plus de 20h et la fatigue se fait sentir : arrêt pour ce soir . Maintenant, il faut se trouver une chambre pour la nuit ! Le garagiste nous emmène en voiture aux guesthouses les plus proches mais toutes affichent complet nous obligeant ainsi à nous éloigner de plus en plus du garage. A 7 km nous trouvons enfin une chambre de libre... il est 22h et nous nous donnons rdv pour demain matin . La chambre est limite et sent le renfermé mais nous sommes contents d'avoir un toit. Avant de m'endormir je songe à cette journée et sourit à l'idée qu'elle ne va pas arranger mon retard sur mon blog..Ce contre temps mérite quelques lignes et je ne pourrai y déroger.
Au matin, nous découvrons le grand parc où nous logeons et les alentours. Il n' y a rien...à part la nationale 13. Petit déjeuner spartiate dans une puanteur suffocante..Notre hôtesse fait cuire quelque chose chez elle qui empeste tout le terrain..Impossible de savoir quoi mais pas vraiment appétissant. De nouveau séquence attente..et à 11h du matin nous apprenons qu'il ne viendra qu'à 15h..Nous décidons donc de rejoindre le garage par nos propres moyens. A peine le pouce levé sur la route 13 qu'un bus nous embarque et nous fait faire les 7 km nécessaires. Et c'est bien ce que nous craignions...le mécano s'active mais pas sur notre moto, les clients l'entourent et chacun défend son droit à l'attention du maître de maison...Finalement nous récupérons Titine réparée à 17h et nous nous arrêtons à 30 km de là pour la nuit. Demain direction Packsé une grande étape de 260 km. Et malgré la pluie, le trajet est moins pénible et moins fatiguant que l'attente des deux derniers jours. La route est bonne, la moto va bien et nous évitons par des « pauses intempéries » les gouttes de pluie. C'est donc sans souci que nous arrivons à Packsé. Ville, située au bord du Mékong et porte d'accès au plateau des Bolovens, elle est très touristique. La météo s'annonce mauvaise et nos postérieurs ressentent encore l'effet N13. Nous ne partirons pas le lendemain, Un jour de repos sera le bien venu. Notre tentative de visite de la ville a échoué à une table de fête entre bières et whisky et sera remise au jour suivant. Pour l'instant nous profitons de la musique live et des denrées généreusement offertes pour l'inauguration d'un nouveau salon de massage tenu par un expatrié tchèque. Le petit chapiteau des festivités empiète sur la rue et les invités, jeunes voyageurs ou locaux nous proposent à boire et à danser. La musique est à fond , le son en est presque grésillant et le chanteur reprend les derniers tubes du moment. Les gens n'hésite pas à danser...l'ambiance y est décontractée et bonne enfant. Un bon moment inattendu !
Une visite des berges du Mékong complète notre découverte de la citée mais la pluie ne nous laisse pas trop le loisir de vagabonder. Demain nous partons pour Don Det, île, au milieu du célèbre fleuve et notre dernière étape au Laos... mais ça c'est une autre histoire.