jeudi 6 novembre 2014

21/07 – 29/07 : L'île de Don Det Laos

C' est vers un petit paradis de calme et de sérénité que nous partons ce matin. 140 km nous séparent de Don Det, île du Mékong et destination du jour.
Pas de surprise sur la nationale 13 à part la pluie mais nous sommes maintenant habitués à jouer avec les averses et le plan « premières gouttes » est désormais bien rodé. Nous arrivons au village de Ban Nakasang où nous prendrons le bateau pour rejoindre ce bout de terre au milieu du fleuve. Notre bac se résume à deux barques parallèles reliées par quelques planches et dirigées par deux enfants. La traversée dure une vingtaine de minutes avant de poser le premier pneu de Titine sur la terre de Don Det. Le fleuve est déjà haut et le courant charrie des eaux boueuses et divers débris végétaux, les pluies journalières ont laissé des traces et les chemins sont impraticables, étroits et pleins d'ornières. Une entreprise difficile que de traverser l'île du nord au sud à la recherche du bungalow rêvé à deux passagers et avec 30 kg de bagages à l'arrière sans quelques glissades et éclaboussures de boue. Une dernière épreuve pour Titine... et c'est tout crottés que nous arrivons à « Mama Leuah »
L'endroit semble parfait. Petit bungalow avec terrasse dotée de deux hamac donnant sur les berges d'un des nombreux bras du Mékong et où sous nos fenêtres paissent tranquillement les buffles tandis que le tout petit chemin de terre de derrière sert de voie de circulation principale. Autant dire la sérénité et nous nous félicitons d'avoir fui le nord de l'île, plus propice à la fête, et savons déjà que Don Det sera notre dernière étape au Laos, le lieu donnant bien envie de s'attarder. C'est la basse saison, la fréquentation touristique est faible, l'endroit en est encore plus paisible et authentique. Beaucoup de restaurants (pour touriste) et de bungalow sont fermés. Notre pension, elle, a un petit restaurant tenu par la fille de la famille et son mari allemand . Lutz nous a chaleureusement accueilli et sa femme fait superbement à manger, en grande quantité et pour pas trop cher. Une vraie amitié est née et nous discutons longtemps du pays et de bien autre chose entre 2 bières Lao et les bons petits plats mijotés par madame. Les bungalows se remplissent et les voyageurs de toutes nationalités se retrouvent à table échangeant impressions et informations. On refait le monde à l'image de son voyage racontant souvenirs et expériences et projetant déjà ceux dont on rêve dans un futur prochain. Nous rencontrons un jeune couple très sympathique de français sur la fin de leur voyage en Asie. Parties de cartes et grandes discussions occupent nos soirées et nous trinquons au « Lao Lao » (alcool de riz) à la première nomination en tant que professeur d'un autre jeune français logeant ici... Une vie sociale comme à la maison avec les potes chaleur et humidité en plus. La vie s'écoule tranquillement tandis que le fleuve, lui, monte et court vers le Cambodge !
Nous profitons pleinement du plan «  regarder la pluie tomber » allongés dans nos hamac et admirons ainsi toute cette vie fluviale qui s'articule autour d'un si grand cour d'eau. La barque au moteur bruyant est le moyen le plus commun de circuler ici et avec le niveau du Mékong, actuellement haut, les bateliers empruntent des canaux plus proches et le bruit des moteurs rivalise comme réveil matin avec le chant des coqs qui vagabondent sur le terrain. Mais rien de grave et qui ne nous empêche nullement de paresser … enfin paresser pas exactement..Denis lit tandis que moi j'essaye de rattraper le retard du blog..Ici même internet est un paradis et fonctionne.
Enfin ne pas bouger, ne pas refaire son sac !...Seulement vagabonder dans l'île à travers ses petits chemins bordés de rizières , ses berges à la végétation exotique, ses maisons de couleur sur pilotis et admirer la puissance du fleuve qui l'entoure. Le décor est beau et les habitants accueillants. Nos promenades entre deux averses nous amènent aux chutes de Li Phi sur l'île voisine de Don Khon. Nous longeons le Mékong et traversons le pont qui relie les deux îles, le chemin nous amène ensuite au temple et nous poursuivons à travers champs entre les buffles et les rizières jusqu'au site. Le bruit de l'eau nous avertit en premier que nous sommes arrivés. A perte de vue l'eau déferle , submergeant les îlots et les arbres présents. En pleine saison des pluies le Mékong peut atteindre 14 km de largeur, recouvrant ainsi toutes parcelles de terre. Le spectacle est impressionnant et ce fleuve que nous avions déjà vu à quelques kilomètres de là, à Stung Treng (cambodge) au mois de mars a bien changé. Sa puissance et son courant ne nous laisse pas le loisir de nous baigner ou de faire du kayak, le danger est bien signalé mais d' instinct nous nous abstenons.
Le séjour est agréable et nous prenons pleinement possession de notre terrasse ne bougeant que pour aller manger ou acheter au village quelques petites gourmandises. ça fait du bien de se laisser bercer par la musique de la pluie et le bruit du fleuve à simplement sentir le temps passé.. . Mais il passe trop vite et nous devons passer la frontière le 29 juillet. Titine ne pourra pas faire partie du voyage, il est impossible de passer en Thaïlande avec une moto étrangère et nous devons nous en séparer.
Lutz est intéressé mais faisant construire un nouveau restaurant plus grand, il n'a pas les finances. Notre monture nous a amené jusqu'à nos rêves les plus fous et elle est bien fatiguée après les 5000 km parcourus en Asie. Nous la troquons donc contre notre ardoise au restaurant (environ 150 dollars) à Lutz. Notre Titine va s'offrir une seconde vie au Laos... et peut être en tant que tuk tuk !!!
C'est le cœur gros que nous quittons Don Det...le lieu et ses habitants resteront dans notre mémoire avec une seule envie : revenir. Nous échangeons nos adresses mail respectives et espérons nous revoir bientôt. Nous avons l'impression d'une fin de voyage, il nous reste moins de 10 jours avant de quitter définitivement ce continent pour d'autres ailleurs. Et même si ce n'est qu'une première étape de notre périple qui se termine, un petit goût de nostalgie s'installe quand même. Demain nous reprenons nos sac à dos et partons pour Ubon Ratchatani en Thaïlande... mais ça c'est une autre histoire.



















16/07 – 21/07 : Tha Khaek – Paksé Laos

Comme vous vous en êtes rendu compte, j'ai 3 mois de retard sur mon blog. Actuellement nous sommes au Pérou et je vous parle seulement du Laos mais il difficile de vivre son voyage et de trouver le temps d'écrire et de le publier. J'en suis désolée, les nouvelles ne sont pas fraîches mais véridiques...Il y a tellement de choses à voir, à écouter, à découvrir, à admirer et à comprendre. Voyager implique une constante remise en question de ce que nous faisons par habitude ou par routine et ce chamboulement perpétuel permet de nous rendre compte que nous sommes bien vivants !! Casser les chaînes invisibles du quotidien et marcher de nouveau dans le doute et l'inconnu avec des yeux d'enfants émerveillés... ça fait du bien ! Malgré ces trois mois de retard, nous prenons un certain plaisir à nous remémorés les événements...les photos aident bien et le guide me permet de ne pas oublier les noms même s'il est lourd à porter ( c'est ma pénitence pour ce retard!). Bref j'espère que vous me tiendrez pas rigueur de ce décalage mais les fuseaux horaires sont tellement taquins quand on a le vent en poupe..!


















Il nous faut reprendre la route en sens inverse pour retrouver la nationale 13 et poursuivre jusqu'à Tha Khaek. Pas de problème nous serons enchantés de reprendre ce merveilleux chemin mais un souci : Titine recommence à cliqueter et les bonnes montées prévues et connues nous inquiètent un peu. Mais c'était sans compter sur notre robuste monture qui finalement grimpe les dénivelés et nous amène tranquillement jusqu'à la grande route. Dés cet instant nous longeons le Mékong sur une centaine de kilomètres et arrivons à notre destination finale.
Située au bord du mythique fleuve qui sert aussi de frontière avec la Thaïlande, la ville est en plein essor et est devenue la base idéale pour les voyageurs désireux d'explorer les parc nationaux des alentours. Le programme est alléchant : grottes, cascades, fleuves enchanteurs et petits villages typiques.. Mais c'était sans compter sur la pluie, le temps imparti sur le pays et de notre fatigue et envie de se poser quelque part plus de 2 jours. Ce soir là dans notre chambre, un peu minable, nous faisons un conseil de voyage. Il faut malheureusement prendre des décisions, l'expiration de notre visa est pour la fin du mois, le temps reste bloquer sur précipitations, Titine est de nouveau mal en point et il nous reste 500 km à parcourir jusqu'à la région des milles îles. La décision ne se fait pas trop attendre... Une seule envie : regarder la pluie tomber... et le Mékong s'écouler allongés confortablement dans nos hamacs sur l'une des îles du fleuve. Il nous faut donc renoncer aux beautés de cette région du centre et à la visite du plateau des Bolovens. Demain nous reprendrons donc notre route direction plein sud et roulerons un maximum de temps vers Paksé (à 360km de là).
Tha Khaek sera donc qu'une ville étape que nous avons très peu explorée mais dont nous gardons un bon souvenir culinaire. Après des allers et retour dans la citée nous nous attablons au « Sweet Home » restaurant fréquenté que par des locaux. L'activité y est intense et nous avons droit à une carte en anglais. Les plats y sont copieux, très bons et pas chers... et nous regrettons de ne pouvoir goûter à tous ces mets préparés dans un petit panier de bambou. Mais notre faim a des limites et la gourmandise de Denis aussi … D'ailleurs il se rappellera longtemps avec délice de sa gigantesque soupe aux crevettes !
Ce matin, l'objectif de la journée est d'avancer vers le sud le plus longtemps possible. Nous savons que des guesthouses ou motels jalonnent la nationale 13 et trouver une chambre pour la nuit ne posera donc pas de problème. Après le chargement, un petit déjeuner s'impose. Au coin de l'avenue une jeune vendeuse attend devant son étal les éventuels clients et ... ça sent bon. La chance est avec nous, ses beignets à la banane seront parfaits...et ils l'étaient ! Tellement qu' après les avoir dégustés avec notre rituel café , nous nous précipitons pour en faire la provision pour le voyage. La jeune femme sourit de notre gourmandise et du regard d'envie de Denis devant ses divins beignets !
Tout se passe bien les 60 premiers kilomètres, la route est plate, droite et sans difficulté particulière. Titine avance malgré le retour d'un cliquetis de mauvaise augure et nous sommes contents de notre allure. Mais soudain notre moto se met à tousser comme une vieille asthmatique ( et je sais de quoi je parle!) et a diminué de vitesse. Malgré une pause et quelques bricolages Titine ne veut rien savoir, elle est à bout de souffle. Jamais elle ne pourra faire les 500 derniers kilomètres prévus. Un garagiste s'impose d'urgence . Mais nos deux premiers essais se révèlent infructueux, les mécanos semblent dépourvus devant une moto vietnamienne et ne veulent même pas y jeter un coup d' œil. Quelques kilomètres plus loin nous en trouvons un, vietnamien , à qui notre Titine ne fait pas peur. Au contraire, Denis désirait simplement refaire le réglage moteur et continuer les 30 bornes qui nous séparent de la ville de Savannakhet, l'homme lui désosse en un tour de main notre monture et nous expose l'état des culbuteurs . Il faut se rendre à l'évidence, un simple réglage ne suffira pas, les pièces refaites à Luang Prabang sont déjà hors d'usage.Notre mécano nous assure qu'il peut trouver les pièces défectueuses et les changer. L'opération nous coûtera 70 euros et peut être réalisée en une heure. Nous sommes septiques quand à la durée et multiplions le temps d'attente par trois au minimum mais nous n'avons pas le choix , le moteur gît sur le sol de l'atelier et il n' y a rien d'autre autour. Simplement une coiffeuse, quelques étals de fruits et légumes, un restaurant et une station service ultra moderne bordent la route 13 à cet endroit.
Il est midi et nous attendons donc patiemment le retour de «  notre sauveur » assis sur des petits tabourets en plastique, grignotant nos beignets et faisant connaissance avec sa femme,ses enfants, son apprenti et le voisinage.. Ayant du temps devant nous Denis en profite pour se faire raccourcir sérieusement la barbe...La coiffeuse est amusée ..Comme quoi il y a toujours du bien même là où on le l'attend pas....Enfin ! il s'est accordé le temps de s'alléger de quelques centimètres de barbe blanche qui poussent dans tous les sens. Mon nounours est redevenu mon chevalier servant !!!
Le spectacle d'une forte averse de pluie de mousson nous occupe un moment. Un bruit puissant couvrant tout autres sons et une quantité impressionnante d'eau tombant littéralement du ciel..Un vrai déluge... rigoles et immenses flaques fleurissent un peu partout. Rajoutez une bonne dose de terre et vous obtenez une bonne « gadoue » bien collante. La coiffeuse munie d'un piochon essaye d'évacuer l'eau de devant son stand de tôle. Agité sur son tabouret, Denis décide de reprendre du service plutôt que de regarder les heures s' écoulées et fait une séance pioche pelle qui sera, d'ailleurs, très efficace.
Mais le temps passe, toujours pas de nouvelle et malgré nos maigres occupations l'attente devient pénible... Finalement ce n'est qu'à 18 h qu'il revient... sans pièce neuve mais avec les anciennes une fois de plus bricolées et disparaît aussi vite chercher de la pâte à joint moteur . Une heure plus tard l'épreuve remontage de moteur a commencé. Tout se passe bien mais Titine ne veut pas démarrée. On revoit les réglages mais Titine ne veut rien savoir...Il est plus de 20h et la fatigue se fait sentir : arrêt pour ce soir . Maintenant, il faut se trouver une chambre pour la nuit ! Le garagiste nous emmène en voiture aux guesthouses les plus proches mais toutes affichent complet nous obligeant ainsi à nous éloigner de plus en plus du garage. A 7 km nous trouvons enfin une chambre de libre... il est 22h et nous nous donnons rdv pour demain matin . La chambre est limite et sent le renfermé mais nous sommes contents d'avoir un toit. Avant de m'endormir je songe à cette journée et sourit à l'idée qu'elle ne va pas arranger mon retard sur mon blog..Ce contre temps mérite quelques lignes et je ne pourrai y déroger.
Au matin, nous découvrons le grand parc où nous logeons et les alentours. Il n' y a rien...à part la nationale 13. Petit déjeuner spartiate dans une puanteur suffocante..Notre hôtesse fait cuire quelque chose chez elle qui empeste tout le terrain..Impossible de savoir quoi mais pas vraiment appétissant. De nouveau séquence attente..et à 11h du matin nous apprenons qu'il ne viendra qu'à 15h..Nous décidons donc de rejoindre le garage par nos propres moyens. A peine le pouce levé sur la route 13 qu'un bus nous embarque et nous fait faire les 7 km nécessaires. Et c'est bien ce que nous craignions...le mécano s'active mais pas sur notre moto, les clients l'entourent et chacun défend son droit à l'attention du maître de maison...Finalement nous récupérons Titine réparée à 17h et nous nous arrêtons à 30 km de là pour la nuit. Demain direction Packsé une grande étape de 260 km. Et malgré la pluie, le trajet est moins pénible et moins fatiguant que l'attente des deux derniers jours. La route est bonne, la moto va bien et nous évitons par des « pauses intempéries » les gouttes de pluie. C'est donc sans souci que nous arrivons à Packsé. Ville, située au bord du Mékong et porte d'accès au plateau des Bolovens, elle est très touristique. La météo s'annonce mauvaise et nos postérieurs ressentent encore l'effet N13. Nous ne partirons pas le lendemain, Un jour de repos sera le bien venu. Notre tentative de visite de la ville a échoué à une table de fête entre bières et whisky et sera remise au jour suivant. Pour l'instant nous profitons de la musique live et des denrées généreusement offertes pour l'inauguration d'un nouveau salon de massage tenu par un expatrié tchèque. Le petit chapiteau des festivités empiète sur la rue et les invités, jeunes voyageurs ou locaux nous proposent à boire et à danser. La musique est à fond , le son en est presque grésillant et le chanteur reprend les derniers tubes du moment. Les gens n'hésite pas à danser...l'ambiance y est décontractée et bonne enfant. Un bon moment inattendu !
Une visite des berges du Mékong complète notre découverte de la citée mais la pluie ne nous laisse pas trop le loisir de vagabonder. Demain nous partons pour Don Det, île, au milieu du célèbre fleuve et notre dernière étape au Laos... mais ça c'est une autre histoire.





mardi 28 octobre 2014

13/07 – 16/07 : Ban Khoum Khan et la grotte de Tham Kong Lo Laos

Nous avons environ 80 km de trajet pour rejoindre le village de Khoum Khan. Situé au abord de la jungle montagneuse et à une cinquantaine de kilomètres de la fameuse grotte de Tham Kong Lo, ce sera parfait pour admirer sa magnifique route et comme point de départ pour une excursion à la grotte.
Le trajet est d'abord aisé, nous empruntons la route 13 menant au sud du pays. Grande nationale sans dénivelé et sans virage nous suivons un moment le Mékong. Large plaine aux paysages, certes, moins pittoresques mais que nous apprécions quand même après plus d'un mois et demi dans les montagnes. Et nous nous amusons à compter les kilomètres que Titine fait tout droit. Les étals de bambou bordent la route et de nombreux laotiens s'arrêtent pour acheter fruits et légumes. Au bout d'une quarantaine de kilomètres nous nous enfonçons vers l'est sur la petite route 8 et là le paysage change complètement. Les montagnes karstiques font de nouveau leur apparition et le chemin devient sinueux. Quelques belles montées font souffrir Titine mais le décor est enchanteur : rivière, jungle et collines calcaires plus ou moins abruptes où la végétation s'accroche comme par miracle. Le soleil est bien présent et vivifie de ses rayons les couleurs. Que j'aime ces monts  .. mélangeant les formes en pain de sucre et les falaises découpées comme des couteaux dont la roche semble si inhospitalière mais où la jungle sachant profiter de chaque faille et de chaque trou prend possession de tout l'espace. Entourés de ces géants de pierres nous nous sentons bien... juste avant d'arriver au village , après une rude montée, nous arrivons à un superbe point de vue. L'endroit est aménagé pour le pique nique et pour apprécier le décorum ambiant. De là haut, à perte de vue les falaises karstiques recouvrent tout le territoire. L'immensité donne toute sa beauté au paysage et les formes improbables des montagnes laissent notre imagination vagabonder. Nous ne sommes pas seuls, des touristes laotiens profitent de la vue et y prennent leur repas...comme de coutume dans ce pays ils nous offrent de partager leur nourriture. Riz gluant, poisson et porc caramélisé sont au menu. Un vrai régal et toujours aussi charmés de la gentillesse de ces gens. Ils ne parlent pas anglais mais les gestes et les sourires sont universels. Nous prenons quelques clichés souvenirs, bien ternes face à cet irréel paysage.
Quelques kilomètres de descente et nous arrivons à Ban Khoum Khan, petit village qui s'étale dans une plaine entouré de montagnes karstiques à la végétation luxuriante. Pas de problème pour trouver ici une guesthouse, de nombreux touristes y font escale pour explorer les alentours mais nous sommes en basse saison et il n'y a pas d'affluence. Après s'être installés et pris une bonne douche nous partons à la recherche d'un restaurant pour fêter l'anniversaire de Denis. Eh oui nous sommes déjà le 13 juillet et dans notre 6ème mois de voyage et nous avons tendance à oublier les dates et les jours mais là c'est l'occasion de trinquer à la 47ème année de mon chevalier servant. Alors trinquons !! La beer lao coule à flot et tout en levant notre verre nous nous remémorons les bons souvenirs de notre voyage et faisons déjà des projets pour les prochains. L'atmosphère est agréable, attablés à la terrasse de ce restaurant pension et les propriétaires sont charmants. Ce couple de laotiens septuagénaires sont aux petits soins pour nous, madame fait superbement bien la cuisine et monsieur parle très bien français. Nous établissons notre cantine ici et passons beaucoup de temps à parler du Laos, de ses souffrances mais aussi du bouddhisme. Et même si l'homme trouve qu'il n'a pas de vocabulaire nos discussions dépassent les banalités ordinaires...nous apprenons pleins de choses sur le pays et comprenons mieux leur mode de vie. Obligés par l'histoire les habitants ont survécu en se nourrissant de ce que leur offre la forêt. Pousse de bambou, insectes, gibiers en tout genre, etc... ont été pendant longtemps leur seul mode de vie et reste très important pour eux. Au contraire des thaïlandais et vietnamiens ce peuple discret ne désire nullement accéder à l'illusion de l'Eldorado occidental mais simplement vivre en harmonie avec leur foi et la nature. Beaucoup de leurs voisins n'y voient que richesses naturelles et les possibilités économiques qui en découlent et sous prétexte de développement se les approprient en détruisant le milieu de subsistance de la plupart des habitants sous l’œil bienveillant et corrompu des autorités. Mais ici la parole n'est pas libre et s'opposer au pouvoir est très dangereux !! Comme de nombreux laotien notre hôte ne parlera pas politique puisque que pour lui ce n'est qu'une parenthèse humaine où l' homme de pouvoir est élu par ses semblables . Il respecte les lois mais ce qui dirige sa vie ce sont les préceptes de Bouddha. Il nous explique sa conception du Bouddhisme et la définit comme religion pour des gens intelligents capables de réfléchir aux enseignements, de les comprendre et de les assimilés dans leur vie quotidienne. Les rites et codifications ne sont que décorum pour ceux que l'on doit guidé malgré leur ignorance. Le chemin est personnel et nécessite travail et temps. L'homme a fait des études supérieures et nous le sentons quelquefois limité par la langue ainsi que par un manque de vocabulaire mais l'écouter est un véritable plaisir et j'envie ses enfants d'avoir un tel père. Aucune rancune, aucune colère face à une vie très difficile et c'est avec regret que nous le quitterons. Belle leçon de vie que nous aurions aimé poursuivre !! Nous nous sommes donnés rendez vous dans un futur incertain pour déguster ensemble l'excellent Laap préparé par sa femme et auquel nous n'avons pas eu la chance de fait honneur (à notre grand regret !). Encore une belle rencontre et une promesse que nous espérons tenir...








Malgré un temps incertain et après un bon petit déjeuner à notre cantine préférée nous partons pour la grotte de Tham Kong Lo. Cinquante kilomètres nous séparent de Ban Khoum Khan au fameux site et la route est vraiment magnifique. Traversant plusieurs villages nous nous enfonçons petit à petit dans cette forêt de pics karstiques. Entre route et montagnes les rizières brillent de mille vert et les habitants qui s'y activent nous apparaissent simplement comme des petites touches de couleur. Le tableau nous est habituel mais le plaisir des yeux reste intact et nous ne pouvons qu'admirer une fois de plus la beauté de la nature. Et nous nous en lassons pas !!!Le chemin est aisé et nous devons partager la chaussée avec le bétail, évoluant de temps en temps entre buffles et vaches. Traversant un grand parc forestier un chemin boueux et accidenté nous amène à l'entrée du site.
Munis d'une lampe torche et d'un gilet de sauvetage, nous sommes prêts à naviguer sur la Nam Hin Bun qui traverse ici la montagne sur 7 kilomètres et a crée cette gigantesque caverne. Nous sommes 4 à bord de notre barque à moteur avec le pilote et son copilote placé, lui, à l'avant du bateau pour éclairer le chemin. Le voyage demande habilité et expérience de la rivière et dans l'obscurité les obstacles sont nombreux et la traversée de la grotte nécessite environ une heure. Nous faisons une escale sur une petite plage et abaissant un interrupteur le copilote éclaire comme par magie une immense cavité aux stalactites et stalagmites de forme et de grosseur différentes. Nous déambulons à travers ce monde souterrain entre piliers et dentelle de cristaux et de roche . Ici le sacré rejoint la nature et ces chefs d’œuvre naturels sont considérés comme des stupas et honorés comme ils le méritent. Le bruit de l'eau nous accompagne et notre guide, allumant et éteignant les sites au fur et à mesure de notre passage, amplifie ainsi l'ambiance de monde perdu. Au loin, le bruit de quelques autres barques parvient à nos oreilles mais nous sommes seuls dans ce lieu magique à profiter du spectacle. Nous reprenons notre traversée dans le noir pour déboucher sur un monde de lumière et de végétaux. La rivière serpente entre les pieds de ces géants de karst noir et d'immenses arbres s'épanouissent le long de ses berges. Nous sommes en saison des pluies, son niveau est élevé et ses eaux de couleur brune n'incitent pas à la baignade. Dommage ! Selon nos guides et leurs photos en bonne saison la transparence de la rivière et son décor en font un véritable petit paradis .
Le chemin du retour n'est pas une corvée...au contraire nous en profitons encore pour accumuler les clichés prétextant une meilleure lumière ou de meilleures couleurs. Les rizières sont tellement belles entourées de ces montagnes !! Vraiment pas de regret pour les 100 km faits dans la journée ça valait bien la peine.
Et c'est le cœur un peu serré que nous quittons cette région où les Hommes sont des héros et les paysages dignes des dieux. Mais le chemin du sud est encore long et nous devons reprendre notre route. Prochaine destination Tha Khaek bourgade en pleine essor et base favorite des voyageurs pour l'exploration des nombreuses grottes et cascades des alentours...mais ça c'est une autre histoire.













lundi 13 octobre 2014

11 /07- 13/07 : Paksan Laos

Ce matin, le ciel est bien couvert et avant de reprendre la route vers le sud pour Paksan nous faisons une petite visite au garage...Titine fait de nouveau un petit bruit inquiétant, il faut revoir ses réglages. Aussitôt dit aussitôt fait, le garagiste semble connaître son affaire et notre moto ronronne comme avant. Nous voilà donc prêts à affronter les 200 km qui nous séparent de notre destination finale. Il y a encore peu de temps la route était impraticable en saison des pluies mais apparemment celle ci à été complètement refaite et notre trajet semble ne plus prêter à l' aventure.
Dés la première dizaine de kilomètres une bonne averse nous oblige à faire une pause. Heureusement pour nous, des petits abris en bambou servant à vendre légumes et fruits jonchent régulièrement les routes du Laos et nous y trouvons refuge. Malgré la précarité de l'installation nous sommes au sec et nous observons tranquillement les habitants des alentours qui vaquent à leurs occupations et se protègent de la pluie. Certains laissent, dans un flegme laotien, les gouttes les tremper d'autres utilisent de simple sac plastique sur la tête tandis qu'une famille revenant des champs se sert de feuilles de bananiers comme parapluie. Le paysage en ce début de trajet est plat et les rizières, aux couleurs toujours aussi magnifiques, nous accompagnent. Mais bientôt c'est une route en descente vertigineuse que nous empruntons. Virages et ravins sont au programme et le décor vaut le coup d’œil...Le brun de la terre contraste avec le vert de la végétation et les quelques maisons éparpillées sur bord de la route impressionnent de par leur position semblant comme suspendues à un petit bout de terre en équilibre. Une pluie fine ne cesse de tomber et nous roulons doucement pour éviter toute nouvelle glissade (le souvenir de notre chute à Luang Prabang est encore bien frais!). Moi qui n'avais jamais fait de moto avant, j'avais pris confiance après tous ces kilomètres au Vietnam mais depuis notre accident j' appréhende un peu quand Titine se penche dans les virages. Nous suivons ensuite une belle route sans dénivelé et le soleil lui aussi est de retour. Les kilomètres s'enchaînent aisément entre les montagnes kartisques et leur végétation. Une pause pique nique et quelques arrêts rafraîchissements ponctuent notre progression. Nous sommes heureux d'avancer si facilement mais à peine le temps d'y penser que la difficulté est devant nous. Il nous reste environ 80 kilomètres à faire quand à un carrefour, nous devons quitter la belle route goudronnée pour cette grande montée en terre que nous apercevons. Bus et camions y passent doucement en brinquebalant et en soulevant d'énormes nuages de poussière. La perspective d'un tel trajet nous arrête et nous faisons une pause dans le bar le plus proche pour se faire à l'idée. De toute façon nous n'avons pas le choix et pour couronner le tout, la pluie se met de nouveau à tomber. Les mises en garde de notre guide sur cette route nous reviennent à l' esprit et nous souhaitons simplement que ce terrain de cross ne dure pas jusqu'à Paksan. Sous un rideau de pluie de plus en plus fort nous attaquons les montagnes russes avec des montées et descentes abruptes et une chaussée déformée, parsemée de gros cailloux et dont seulement quelques plaques d'asphalte subsistent. L'horreur absolue !...Titine souffre et Denis est en alerte permanente devant négocier chaque centimètre avec prudence pour éviter chute ou casse. Trempée et couverte de boue mon impuissance se résume à de grand « Oh la la !! » ponctuant ainsi chaque passage difficile et la découverte du problème suivant. Entourés de chaque côté d'une végétation dense laissant seulement la place à cette ancienne route devenue piste il n'y a pas de présence humaine, pas de village. Nous croisons seulement quelques camions ou voitures et le chemin n'offre aucune option pour s'abriter de l'eau que le ciel nous envoie inlassablement. Au bout de 25 km nous arrivons sur un petit village, là le plat et le goudron semblent reprendre leur droit. Même si nid de poule, trou et déformation piègent la route, nous sommes arrivés au paradis et le soleil confirme notre impression en faisant son apparition. Plus nous nous approchons de Paksan, plus la chaussée est belle et aisée mais nos bras, jambes et postérieurs nous font souffrir et une bonne pause s'impose pour se remettre de cet enfer.. Heureux et fiers d'avoir passés cette épreuve nous n'avons que le regret de n'avoir pas pris quelques photos mais les conditions météorologiques et les efforts fournis nous ont fait oublier d'immortaliser cet instant. Enfin nous arrivons à Paksan grande ville proche de la frontière Thaïlandaise où la Nam Sam se jette dans le Mékong. Peu de touristes passent par ici et la tranquillité de la cité nous séduit pour passer 2 jours de repos. Repas au bord du Mékong, visite des différents temples et farniente composent nos journées. Les habitants sont accueillants et les enfants nous interpellent joyeusement. Un soir nous essayons de nouveau un « Hot pot » dans un de ces restaurants spécialisés. Le personnel est à nos petits soins et nous préparent nos assiettes de légumes et de viandes normalement mis à disposition sous forme de buffet. La nourriture est à volonté et on nous sert plus qu'il ne faut. Nos papilles se régalent et notre ventre est bien tendu en fin de soirée.
Comme nous l'avions prévu la pluie est devenue une constante et va sérieusement modifier nos plans de route. Nous voulions faire la célèbre boucle de Vieng Khan à Tha Khaek et ainsi visiter, grottes, cascades et les villages les plus reculés des région de Khammuan et de Bolikhamsai. Mais renseignements pris une partie du circuit n'est qu'une piste déjà difficile à passer en saison sèche et l'entreprise nous semble un peu hasardeuse avec notre Titine et son chargement. De l'aventure nous en avons déjà eu et se retrouver bloqués dans la boue au milieu de nulle part ne nous enchante pas.
Nous partons donc au village de Ban Khoun Khan pour ensuite visiter la fameuse grotte de Tham Kong Lo.... mais ça c'est une autre histoire.














lundi 6 octobre 2014

08/07 – 11/07 : Phonsavan Laos

6 jours après notre chute en moto nos dermabrasions ne sont pas complètement guéries et nous décidons donc de nous diriger vers Phonsavan et la plaine des jarres. Nous regrettons de ne pouvoir nous immerger dans la réserve des éléphants de Sainyabuli et nous ne souhaitons pas visiter Vientiame, la capitale, qui d'après de nombreux voyageurs n'a que peu d’intérêt. Direction donc vers l'est pour ensuite descendre dans le Sud du pays.
Ce mardi matin nous sommes prêts à reprendre la route mais nos passeports et nos prolongations de visas, eux, ne le sont pas. Il nous faut donc attendre le début d'après midi avant d'affronter les 260 km qui nous séparent de notre destination finale. Une fois de plus une étape sera nécessaire à mi chemin. Et c'est avec un temps incertain et menaçant que nous attaquons les premiers dénivelés. Nous retrouvons les montagnes couvertes de forêt avec de beaux points de vues mais après le nord du Laos le paysage nous apparaît moins impressionnant. Titine nous monte assez facilement... plusieurs petits villages bordent notre route et nous faisons la course avec de gros nuages noirs. Mais nous savons qu'en cette saison, il nous sera difficile d'éviter la pluie.. Bien vite les premières gouttes nous obligent à faire une pause. Nous trouvons refuge en haut d'une côte sous un petit abri. Seule une petite épicerie station essence est présente. Le propriétaire nous salue et quelques instants plus tard sa fille nous apporte timidement un plateau avec deux verres et de l'eau . L' enfant avec ses frères s'amusent et nous observent de loin à travers le jour de la porte. L'averse se terminant nous ramenons nos verres et en profitons pour faire quelques clichés de cette sympathique famille si attentionnée. L'accueil des laotiens vaut bien sa réputation, moins expansif qu'au Vietnam et bien plus discret, les marques d'intérêts sont dénudés de perspectives économiques mais simplement en accord avec leur façon de vivre avec les autres et en harmonie avec leur philosophie de vie bouddhiste. C'est en fin de journée que nous arrivons à Phu Khoum notre étape pour la nuit. Petite ville perdue entre la route qui mène à la capitale et celle de Phonsavan, le gris du ciel et le brouillard qui commence à tomber rajoutent à cette impression d'abandon et même de sordide et de misère. Un grand carrefour sert de centre et les petites maisons de béton bordent les deux voies principales. Et même si la bourgade propose plusieurs guesthouses nous avons du mal à dénicher notre bonheur...prix élevé, confort et propreté douteuse nous nous rabattons finalement sur la première offre. Pas d'eau chaude , un grand réservoir avec un broc sert de douche, pas de lavabo et en plus une odeur forte de renfermée mais la literie est propre même si elle n'est pas très confortable et pour une nuit cela suffira bien . Nous descendons nous restaurer, notre pension faisant restaurant, nous nous attablons. Mais la mère allongée dans un fauteuil et regardant la télé ne nous donne même pas un regard tandis que le père finit dans un coin son repas. Nous avons l'impression d'être des fantômes, l'attente se prolonge et nous décidons aller voir ailleurs. De l'autre côté de la rue une femme s'active autour de ses marmites et nous accueille à grand renfort de sourires. Une soupe de nouilles de riz sera parfaite pour ce soir et sa gentillesse nous réconcilie avec Phu Khoum.
Le lendemain matin, la bruine et la brume nous souhaitent le bonjour . Après avoir chargé Titine et s'être habillés en conséquence nous allons prendre notre petit déjeuner dans le restaurant de la veille. Ici pas de breakfast à l'occidental et nous dégustons une fois de plus une bonne soupe de nouille avant de prendre la route. Nous quittons la nationale 13 pour prendre la 7 qui doit nous mener à Phonsavan. Les 15 premiers kilomètres serpentent sur la crête et nous offrent une belle vue sur les montagnes. La région ne semble habitée que de monts et de forêts cependant quelques villages Hmong et Khamu bordent notre chemin, nous laissant admirer leurs maisons de bois surélevées et leur métiers à tisser installés sous leurs demeures. Plus nous avançons, plus le temps s'améliore et nous arrivons sous le soleil au village de Ban Nong Tang en fin de matinée. La bourgade est magnifique, construite autour d'un étang où des collines calcaires l'entourent nous faisons halte pour la pause déjeuner. Un bon « com rang » ( fried rice) nous attend et l'accueil est sympathique. Mais posé un peu plus loin une panière contenant un nid d'abeille (..ou de guêpe) décortiqué nous intrigue... Renseignements pris nous comprenons que les laotiens en récupèrent les larves pour les cuisiner et les déguster..Bon appétit mais je préfère me contenter de mon riz ! Nous abandonnons petit à petit les hautes montagnes pour retrouver collines herbeuses et rizières.


















 Nous arrivons tranquillement en début d'après midi à notre destination, la ville semble s'étendre tout en longueur avec ses grands boulevards parallèles et pour la première fois au Laos la circulation est organisée autour de feux rouges. La ville est importante mais nous rappelle tristement les séquelles et les conséquences des bombardements intensifs du pays pendant la guerre secrète des Etat Unis. Les restes des missiles et autres engins de mort servent de jardinières, de pots de fleurs ou de décoration et s'exposent fièrement dans les restaurants et les maisons. Tandis que les voitures du MAG (mines advisory group) sillonnent encore les rues et continuent à déminer les alentours. Cette association britannique se charge de sécuriser des hectares de terrains littéralement couverts de mines et de bombes non explosés et qui font encore aujourd'hui de nombreux ravages. C'est grâce au MAG que les sites archéologiques de la plaine des jarres sont ouverts en toute sécurité au public. Mais il reste malheureusement encore beaucoup de boulot pour effacer toutes traces de cette sale guerre et en finir avec les morts et les les vies détruites par mutilation.
Mais la citée vit normalement et quelques bars au bord d'un petit plan d'eau permettent de faire la fête. Pour notre première soirée nous décidons d'y aller prendre un verre. De nombreux habitants prennent leur dîner accompagné de bière Lao et à peine installés un homme se joint à notre table pour discuter et trinquer. Il parle un anglais approximatif et les bières lao qu'il a déjà ingurgité faisant effet, le dialogue est difficile mais la bonne humeur règne. .
Mais nous sommes venus ici pour visiter la fameuse plaine des jarres et malgré les averses quotidiennes c'est sous le soleil que nous partons découvrir le site principal et le plus proche de la ville. Sur des centaines de kilomètres autour de Phonsavan de gigantesques jarres en pierre sont éparpillées sur les collines. D'origine inconnue et très anciennes 334 jarres et fragments se dressent sur ce lieu vallonné. Leur utilité et la civilisation qui les ont crée restent un mystère et laissent la place aux légendes de toutes sortes. Correspondant selon les archéologues à l'age de fer du Sud est asiatique et malgré les bombardements intensifs de la région les plus grandes gardent toute leur beauté. Leur nombre et leur dimension sont surprenants. Le site a été déminé et est délimité par des bornes rouges et blanches qui servent de chemin de sécurité. De nombreux cratères de bombes sont visibles malgré la végétation qui tente à sa manière de cacher ces vilaines cicatrices. Et cet après midi le ciel passant du noir au bleu intense, nous offre le superbe spectacle d' un patchwork de vert, collines et champs aux alentours changeant de couleur au grès du temps. Nous brûlons sous les rayons ardents du soleil et quelques minutes plus tard nous nous abritons sous les arbres pour échapper au déluge.Nous trouvons même refuge dans la grotte transformée en temple pour échapper à la dernière averse de la journée. Nous ne regrettons pas notre visite, le lieu étant toujours aussi empreint de mystère...il existe 8 autres sites ouverts au public mais leur accès plus difficile en cette saison des pluies nous font renoncer au déplacement. Et puis nous voulons descendre dans le sud du pays et il nous faut reprendre notre route. Demain donc direction Paksane....mais ça c'est une autre histoire.